Ce qu’il s’est passé du 11 au 17 octobre 1975

Ce qu'il s'est passé du 11 au 17 octobre 1975Le dernier billard de Romans, au café de l’Océan, place Jean Jaurès, est entouré d’une véritable vénération par quelques anciens dont la moyenne d’âge dépasse les 70 ans et qui se nomment Clément Léautaud, Charles Canard, Tonin Moulin et Pierre Bouvier. Ils se retrouvent tous les après-midis de la semaine pour s’adonner à leur distraction favorite. Cet ultime billard sur lequel ils jouent est en parfait état et ils en rendent hommage aux propriétaires de l’établissement, M. et Mme Pierre Hoode. Il faut voir avec quel acharnement ils disputent leurs parties mais aussi avec quelle amitié.

A l’entrée du grand atelier où sont rassemblés les services de piquage et de la coupe, au-dessus de la machine à pointer, la pendule indique onze heures. Quelques femmes viennent de quitter leurs places. Elles pointent à tour de rôle puis s’éclipsent. Pour elles, la matinée de travail est terminée. Cette scène qui, d’ordinaire, se déroulait à heures fixes a enfin perdu de sa rigueur. Depuis près d’un mois, l’entreprise Unic Fenestrier tente l’expérience du travail à la carte ou plus exactement, des horaires variables. Expérience encore limitée aux services de coupe et de piquage, soient soixante-quinze ouvriers concernés. Seule obligation, ne pas dépasser un temps de travail de neuf heures par jour et quarante heures par semaine. Les premiers résultats n’ont pas tardé et l’absentéisme a fondu comme neige au soleil. Les femmes sont les plus séduites par le nouveau système. Elles constituent quatre-vingt-quinze pour cent de l’effectif au service piquage et beaucoup apprécient de pouvoir disposer de leur mercredi après-midi pour s’occuper de leurs enfants.

C’est dans son coquet logement de l”escalier Josaphat que nous avons rencontré Joseph Mollier, aujourd’hui âgé de 74 ans. Romanais depuis 1932, il trouva une place de concierge à l’usine Boucharin, à côté du cinéma l’Alhambra, place Jean Jaurès. Mais son plus long bail de travail se fit à la tannerie Cara pour la besogne de la presse qui consiste à sortir les cuirs de la « rivière » pour les presser sous des machines afin d’en extraire toute l’eau. Nous lui souhaitons une heureuse retraite en compagnie de son épouse avec laquelle il vient de fêter ses cinquante ans de mariage.

Cet article de Romans Historique est paru dans le Dauphiné Libéré : www.ledauphine.com/drome/2015/10/11/ce-qu-il-s-est-passe-du-11-au-17-octobre-1975

Publié dans: 20è siècle, Il y a 40 ans

Publier un commentaire