Un livre rare : Les trobairitz de la Drôme

Un livre rare : Les trobairitz de la DrômeAvis aux collectionneurs !

Un livre rare par les textes choisis et la qualité de sa réalisation :

Les trobairitz de la Drôme.

Poèmes de Beatritz de Dia, comtesse de Die, et de Bieiris de Romans, traduits de l’occitan par Jacques Roubaud, Bernard Vargaftig et Mitsou Ronat.

Crest, La Sétérée, 1995, 320 x 490 mm, en feuilles, étui-chemise altuglass, non paginé.

Les textes composés à la main en caractères Garamond et les gravures en relief de Jacques Clerc ont été achevés d’imprimer par l’artiste sur les presses de La Sétérée le 31 mai 1995 à Crest dans la Drôme.

Tiré à trente-trois exemplaires, plus quelques hors commerce, sur Moulin du Gué, avec la signature de l’artiste au colophon.

Cet exemplaire : n°24.-

Prix : 700,00 €

Vendeur : Librairie des Cordeliers, Romans-sur-Isère

Mise à jour, 5 septembre 2009 : Cet ouvrage n’est plus à vendre.

Les trobairitz

Les trobairitz sont des poétesses ayant vécu dans le sud de la France aux XIIe et XIIIe siècles. Le terme trobairitz, féminin de trobador, est utilisé pour désigner les artistes s’exprimant en occitan. On trouve pour la première fois le mot de trobairitz dans le roman de Flamenca du XIIIe siècle. Il vient du verbe d’oc trobar, qui signifie familièrement trouver et techniquement composer.

Les trobairitz ont composé et joué des vers pour les cours de la noblesse occitane. Leurs poèmes étaient chantés, le plus souvent avec accompagnement d’instruments (luth, cromone, flûte, vielle, etc.)

Contrairement aux joglaresses (jongleuses), les trobairitz faisaient partie de la société courtoise.

Nous connaissons une trentaine de trobairitz. Vingt d’entre elles sont nommées, les autres sont anonymes. Une trentaine de pièces leurs sont attribuées, parmi lesquelles : quatre cansos à la Comtesse De Die et autant à Castelhoza une seule pièce à Azalais de Porcairagues, Bieiris de Romans, Clara d’Anduza et Gormonda de Monpeslier, et trois tensos entre dames : Almuc de Castelnou avec Iseut de Capion, toutes deux originaires du Gévaudan Alaizina Iselda et Na Carensa et une dame anonyme et sa donzelle.

Beatritz de Dia, comtesse de DieBeatritz de Dia, comtesse de Die

Beatritz de Dia, comtesse de Die, est née au XIIe siècle et a connu la notoriété vers 1175 en Provence.

Connue sous le titre de comtesse de Die (comtesse de Dia) dans les documents contemporains, elle se prénommait certainement Béatrice (Beatritz) et était probablement la fille du comte Isoard II de Die, mort en 1189.

D’après certaines sources, elle aurait été mariée à Guillaume IX de Poitiers (Guilhem de Poitiers), né le 22 octobre 1071 et mort le 10 février 1127. Mais l’on sait qu’elle était follement amoureuse de Raimbaut d’Orange (Raimbaut d’Aurenja), né entre 1140 et 1145 et mort le 10 mai 1173 à Courthézon, en Provence.

Raimbaud est le plus ancien des troubadours de Provence. On lui doit plusieurs poésies lyriques et un sirventès – poème à caractère satirique, politique ou moral. Une tenson – sorte de joute verbale basée sur le dialogue et la discussion – écrite avec la Comtesse de Die est publiée dans cet ouvrage.

Les poèmes de Beatritz étaient souvent accompagnés par la musique d’une flûte. Cinq de ses poèmes ont survécu, incluant quatre cansos (chansons) – Ab joi et ab joven m’apais, A chantar m’er de so qu’ieu non volria, Estât ai en greu cossirier et Fin ioi me don’alegranssa – et une tenson.

Sa chanson A chantar m’er de so qu’eu no volria est la seule canso d’une trobairitz à avoir survécu avec sa musique intacte.

Bieiris de Romans

On ne sait malheureusement presque rien de la vie de Bieiris de Romans. Elle serait née à Romans-sur-Isère, vers 1200-1220.

Le mieux est de lire la seule pièce de Bieiris de Romans qui nous soit parvenue (traduite de l’occitan) :

Dame Marie, précieuse et fine,
en vous sont joie, sagesse, beauté extrême,
vrai accueil, grâce; en vous, si honorable,
aux mots si justes, à la compagnie si douce,
à la peau si délicate, au charme enjoué,
au tendre regard, aux gestes aimants!
Ce qui en vous est sans égal
capte mon coeur sans réserve.

Alors je vous prie, s’il vous plaît, pour que la fin’amor,
les réjouissances et la douce humilité
viennent à mon secours
et que vous m’accordiez, belle Dame, s’il vous plaît,
ce qui pour moi est la plus grande joie.
Car c’est à vous que va mon coeur et mon désir.
C’est par vous que me vient l’allégresse.
C’est pour vous que si souvent je soupire.

Si votre beauté et votre valeur nous devancent
toutes et qu’aucune ne vous surpasse en cela,
je vous prie, s’il vous plaît, pour votre bien,
de ne pas vous fier à un amant trompeur.

Cet ouvrage est présenté avec l’aimable participation de la Librairie des Cordeliers.

Publié dans: Autres auteurs, Livres

Publier un commentaire