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Antoine Mulet, président des parlements de Provence et de Grenoble

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un rare portrait du romanais Antoine Mulet qui fut président des parlements de Provence et de Grenoble.

Un esprit aussi ferme que libéral

Antoine Mulet est issu d’une famille de monnayeurs romanais que l’on trouve établie dans notre ville dès 1392 et dont la maison était une des plus vastes.

Licencié en droit, il était vice-bailli de Viennois-Valentinois, autrement dit de Saint-Marcellin, dès 1463, date à laquelle les habitants de Romans, qui étaient de son ressort, se plaignaient de l’inobservation de certaines coutumes dans la tenue des assises. En 1486, il fut pourvu d’une charge de conseiller au parlement de Grenoble. Puis, en 1502, et c’est là son principal titre de gloire, il fut nommé président unique du parlement de Provence tout en restant conseiller au parlement de Grenoble.

On disait de lui qu’il était “un esprit aussi ferme que libéral, ayant un sentiment élevé de ses devoirs et le souci de conserver à la justice une considération sans laquelle ses décisions s’imposent comme une violence, au lieu de paraître l’expression de la vérité.”

À Romans, la peste de 1505 survint après une longue sécheresse et fut très meurtrière. Les consuls ordonnèrent aux portiers de la ville de ne laisser entrer aucun pauvre et de leur donner du pain afin qu’ils puissent continuer leur route. Quatre portes seulement durent rester ouvertes du lever au coucher du soleil. Un terrain près de l’hôpital du Colombier (au-dessus de l’actuelle rue Haute-Villeneuve) fut choisi pour enterrer les corps des personnes mortes d’infection.

En 1506, Antoine Mulet se rendit à Romans et décida qu’un hôpital des infects ou des pestiférés devait être construit aux frais de la ville. Mais le 14 janvier 1507, le chapitre de Saint-Barnard s’opposa au choix de l’emplacement de cet hôpital et exposa qu’il devrait être construit hors de la ville.

Réception du roi Louis XII

C’est dans la maison d’Antoine Mulet que le roi Louis XII de France séjourna lors de sa venue à Romans.

Venant de Grenoble, le roi Louis XII et la reine Anne de Bretagne, accompagnés du chancelier de France et de plusieurs ducs et cardinaux, arrivèrent à Romans le 27 juin 1511, vers deux heures, descendant l’Isère sur quatre bateaux.

Ils furent reçus au pont de la rivière, à l’entrée duquel on avait érigé une porte triomphale surmontée des armes du roi. La réception eut lieu sous des dais, au son des instruments de musique et des cloches. Les augustes hôtes furent conduits à leurs logements.

Pendant son séjour, le roi entendit la messe, le samedi, sous un pavillon près du grand autel, le dimanche une grand-messe célébrée solennellement avec chantres, orgues et instruments mélodieux, le lundi dans la chapelle de Notre-Dame sur le pont Vieux et le mardi dans la chapelle du Saint-Esprit de la collégiale.

Le même jour, après dîner, le roi et sa suite partirent sur des bateaux pour se rendre à Valence.

On fit présent à Louis XII d’une tasse d’argent doré avec dix pièces d’or à ses armes et à celles de la ville. Un pareil cadeau fut donné à la reine, et le dauphin reçut sept ou huit arbalètes. Et aussi les vins d’honneur, les bougies et les confitures qu’on offrait en semblables circonstances.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/09/06/antoine-mulet-un-esprit-aussi-ferme-que-liberal

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