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Les habits des religieuses de Sainte-Marthe et du Saint-Sacrement

L’objet que nous présentons aujourd’hui est le très rare tome 23 de l’Encyclopédie théologique publiée en 1859 par l’abbé Jacques-Paul Migne qui était aussi imprimeur, journaliste et éditeur de livres religieux.

Nous ne savons pas pourquoi ce tome, dont cet exemplaire est le seul connu à Romans, est particulièrement difficile à trouver alors qu’il nous intéresse vivement puisqu’il traite de plusieurs monastères romanais et qu’on y trouve des dessins des habits des religieuses de Sainte-Marthe et du Saint-Sacrement établies dans notre ville.

Les dessins n°143 et 144 montrent l’habit de cérémonie et l’habit ordinaire des religieuses de Sainte-Marthe de Romans. Nous avons déjà parlé de cette congrégation.

Le dessin n°223 montre l’habit des religieuses institutrices et hospitalière du Saint-Sacrement de Romans.

Les religieuses quittent l’hôpital de Romans

Suite à la loi de séparation des Églises et de l’État, les religieuses avaient déjà quitté le monastère de Saint-Just et il leur fallait maintenant quitter l’hôpital. Voici comment ce départ fut commenté dans les journaux locaux de l’époque :

La laïcisation de l’hôpital de Romans, commencée au 1er janvier 1905 dans les services de la cuisine et de la conciergerie, eut son accomplissement le 29 septembre 1906.

Ce jour-là, qui était un samedi, les religieuses du Saint-Sacrement qui se dévouaient avec tant de générosité aux soins des malades dans les salles civiles et militaires, ou qui étaient employées à la lingerie et à l’assistance des enfants, quittaient l’hôpital de Romans et se retiraient dans leur maison-mère installée à Valence, clos Saint-Victor, depuis qu’elles ont été expulsées de leur vaste bâtiment de Saint-Just.

Elles ont accompli leur devoir jusqu’à la dernière minute. Le souper des malades étant servi, elles ont assisté à la bénédiction du Saint-Sacrement puis elles se sont embarquées sur deux chars à bancs dans la cour de l’hospice. Ce jour-là, des travaux le long du quai Dauphin rendait la circulation impossible. Il fallut, par conséquent, passer par le grand jardin et descendre la rue Pêcherie.

Pauvres sœurs ! Quelle tristesse elles ont dû éprouver en franchissant le seuil de cet asile ! Surtout celles qui y étaient depuis si longtemps. L’une d’elles, sœur saint Césaire, y avait passé trente-cinq ans de sa vie et, jusqu’en 1905, elle avait été chargée de l’économat à la cuisine.

Elle sont parties calmes, la prière sur les lèvres et soumises humblement aux desseins de la Providence, tout en conservant le doux espoir de reprendre, en des temps meilleurs, le poste qui leur était confié depuis soixante-quatorze ans.

C’était mieux avant

Beaucoup, parmi les malades et les hospitalisés, étaient heureux de les voir remplacées par des laïques. Il leur semblait que, les religieuses parties, les soins allaient être décuplés et la cuisine améliorée. Hélas, ils ont déchanté. Que souvent ne leur avons-nous pas entendu dire “Du temps des sœurs, ça marchait mieux” ou bien “Les sœurs reviendront un jour” ? Et quelques mois après leur départ, si les religieuses étaient revenues, ils seraient allés, avec un drapeau, les attendre à la gare.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/11/29/sainte-marthe-et-st-sacrement-les-habits-des-religieuses

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