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Les horlogers de Romans

L’objet que nous présentons aujourd’hui est une rare collection d’horloges romanaises des XVIIIe et XIXe siècles provenant des familles Boissieux, Dumaine, Jeunet, Mante, Métrat, Tiran et Troullier. L’occasion de faire connaissance avec ces artisans ayant eu pignon sur rue dans notre ville.

Des dynasties d’horlogers

Le plus ancien horloger de la famille Boissieux était Jean François, dans le milieu du XVIIIe siècle. Son fils, Jean Baptiste, né en 1751 à Romans et mort en 1829 dans la même ville, a pris la succession. Il était aussi conseiller municipal. L’un des fils de ce dernier, Jean Baptiste, né en 1783 et mort en 1861, lui a succédé. C’est ensuite un des fils de ce dernier, René Jean Baptiste, né en 1818 et mort en 1877, qui a poursuivi l’affaire au 16 rue Saint-Nicolas.

L’horloger Édouard Romain Dumaine, né en 1840 à Romans et mort en 1883 dans la même ville, était le fils d’un perruquier et marchand mercier, et il exerçait son métier 15 Grand Place (aujourd’hui place Maurice Faure). Il ne semble pas qu’il ait eu un successeur dans sa famille car son seul fils était notaire à La Chapelle-en-Vercors.

François Pierre Mante, né en 1746 à Saint-Donat et mort en 1818 à Romans, était le premier horloger que nous trouvons dans la famille. Son fils Pierre Henry, né en 1783 à Romans et mort en 1857 dans la même ville, lui a succédé sur la Grand Place (aujourd’hui place Maurice Faure). Puis le fils de ce dernier, Marcellin Félix Jules, né en 1818, a poursuivi l’affaire 17 Grand Place en qualité d’horloger et orfèvre.

Un fait divers concernant l’horloger Métrat a été relaté dans un journal local daté du 17 juin 1884 : “Le sieur Ernest Bernard, âgé de trente-trois ans, ouvrier horloger chez M. Métrat, a disparu dans la nuit. À quatre heures et demi du matin, on a découvert son chapeau et une paire de pantoufles sur les bords de l’Isère, au quai Sabaton. Sa chambre a été trouvée toute ouverte. Cet homme se montrait depuis plusieurs jours très affecté. On présume qu’il s’est jeté dans la rivière par suite de chagrins domestiques.”

Joseph Paul Tiran, né en 1853 à Valence et mort en 1899 à Romans, exerçait le métier d’horloger 15 place de la République (aujourd’hui place Maurice Faure). Après sa mort, son épouse Julienne Victorine Saintemarie a poursuivi l’activité. Puis leur fils Jules Paul, né en 1881 et mort en 1966, au 3 place Maurice Faure.

Les Jeunet, du Jura à Romans

Les frères Jean Joseph Raphaël et Claude Joseph Léonore Jeunet sont nés en 1761 et 1773 à Foncine-Le-Haut. De même que leur cousin Pierre Alexandre Daniel Jeunet né en 1776. Tous fils d’horlogers de ce charmant petit village du Jura, ils sont venus s’installer à Romans pour y exercer le même métier.

Trois des fils de Pierre Alexandre Daniel étaient aussi horlogers. Le premier, Alexandre Joseph, à Bourg-de-Péage, le deuxième, Maurice Denis, place Jacquemart à Romans, et le troisième, Charles Éloi, rue Pêcherie à Romans.

Maurice Adolphe Paul, fils de Maurice Denis, était horloger 20 rue Mathieu de la Drôme à Romans. C’est lui qui, dans les années 1880 et au début des années 1890, s’occupait de l’entretien et du remontage de l’horloge de la tour Jacquemart et de l’horloge du collège moyennant une indemnité versée par la Ville de Romans.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/10/04/les-horlogers-de-romans

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