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Le Ciréné de Romans

L’objet que nous présentons aujourd’hui est une lithographie extraite du rare traité général de viticulture appelé “Ampélographie” édité entre 1901 et 1910 par Pierre Viala, inspecteur général de viticulture, et Victor Vermorel, industriel.

Nous savons qu’il y avait des vignes depuis fort longtemps hors les murs de la ville de Romans. Ainsi, le 12 juin 1252, deux religieux Franciscains du couvent de Vienne et trois autres de celui de Moirans reçoivent une vigne et un vivier proches de la première enceinte de la ville et fondent le couvent des Cordeliers qui demeura jusqu’à la Révolution française. Il se trouvait sur l’emplacement de l’actuelle place Jules Nadi.

En 1547, le territoire de Romans et des paroisses voisines était en proie à des chenilles qui rongeaient les bourgeons des vignes et des arbres à fruit, coupaient la plante des blés et détruisaient ainsi l’espoir de la récolte. Cela donna lieu à un procès très sérieux contre les chenilles elles-mêmes. Le jugement ordonnait des processions pendant trois jours suivies d’un jeûne rigoureux. Puis, chaque curé devait intimer l’ordre aux animaux malfaisants de cesser leurs ravages et de se rendre tous, sous peine de malédiction, au territoire qui leur est assigné, où ils pourront vivre de fruits qui ne sont pas destinés à la nourriture de l’homme.

En 1807, la Ville de Romans achète des terrains sur lesquels il y avait des vignes, un champ de blé et des mûriers, en haut de la côte des Chapeliers, pour y installer le nouveau cimetière.

Le Ciréné de Romans

Viala et Vermorel donnent une description très détaillé du Ciréné de Romans et nous n’en donnerons ici que des extraits. Les premiers bourgeons des rameaux du Ciréné sont fructifères, de sorte qu’on peut le tailler à court bois. C’est d’ailleurs la taille qu’on lui applique généralement dans la région de Romans. C’est un cépage fertile qui produit régulièrement et qui réussit très bien au greffage. Les grappes se développent à la base des rameaux, sont de dimension moyenne, plutôt courtes, larges, ailées et lâches. Le pédoncule est court, pas très gros mais très résistant. Les grains sont moyens, sphériques ou vaguement ellipsoïdes, de plusieurs dimensions. La chair est assez ferme, bien juteuse, sucrée et à saveur bien relevée. La peau est assez épaisse, élastique, prenant une teinte d’un rouge foncé tirant sur le noir de fumée, avec une pruine très abondante. Le Ciréné donne un vin assez délicat, bien supérieur à celui du Durif (voir plus loin) avec lequel il est souvent associé à Romans. Son vin se conserve bien et il acquiert de la qualité en vieillissant. Il est peu exposé au mildiou et offre une bonne résistance à la pourriture.

Le Pineau de Romans

Viala et Vermorel nous disent que le Durif se rencontrait disséminé dans les vignes des environs de Romans, d’où son nom de Pineau de Romans. L’attention avait été attirée sur lui depuis l’apparition du mildiou à cause de sa remarquable résistance à cette maladie. On l’avait alors multiplié et répandu dans un assez grand nombre de vignobles.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/10/25/le-cirene-de-romans

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