Alfred Caillol, le vidangeur de Romans
Les objets que nous présentons aujourd’hui sont des photos d’Alfred Caillol et son camion-pompe en plein travail sur la place du Champ de Mars. Ce sont les deux seules photos connues à ce jour.
Un maçon recyclé
Alfred Marius Natal Caillol est né à Marseille en 1874 d’un père maçon, métier qu’il exercera lui-même après son mariage avec Marie Élise Célerin à Saint-Donat-sur-L’Herbasse.
Puis, à partir de 1906, nous le trouvons chef d’une entreprise de vidange, rue Musselon à Romans. En 1914, il transfère son entreprise au 3 rue Lamartine près du boulevard Gambetta. On le trouve encore en activité en 1943 quand le conseil municipal de Romans l’autorise à réaliser la vente des 250m3 d’immondices existantes sur le terrain d’épandage du pont de Chaleyre.
Le danger qui menace
Le 15 août 1918, le journal Le Bonhomme Jacquemart publie un éditorial dans lequel il est fait état, sans la nommer, de l’entreprise de vidange Caillol, alors seule à exercer cette tâche en ville : “Romanais, mes très chers frères, sachez qu’un grand danger nous menace. Les résidus de notre alimentation sont en passe de constituer un encombrement formidable. Les matières sont tellement abondantes et le moyen de les enlever si insuffisant que nous courons le risque d’être submergés. Mon Dieu, est-il possible que nous soyons à ce point em…bêtés ? À l’heure actuelle, à la mairie, près de quatre-vingt inscriptions attendent qu’on enlève à domicile des pleines fosses de ces flots odorants que vous devinez. Par ces jours de fortes chaleurs estivales, c’est tout ce qu’il y a de plus hygiénique. Une seule pompe à vidange existe pour toute la population, et la pompe est cassée et la réparation tarde. Ma foi, je ne vois qu’un remède à cette triste situation : une restriction générale et complète jusqu’à ce que la pompe soit en état de fonctionner. Oui, mais la force expansive des gaz ne nous fera-t-elle pas exploser ?”
Un beau raid nautique
Raphaël Alfred, le fils d’Alfred Caillol et Marie Célerin, était représentant à Romans des maisons Elto et De Conningh qui construisaient des hydroplanettes, petits bateaux de croisière de l’époque.
En septembre 1929, Alfred Caillol, son fils Raphaël et leur ami Paul Joud, ont effectué un beau raid en descendant le Rhône de Tain à Marseille en treize heures et en le remontant en quinze heures.
Ils expliquèrent : “Nous gardons le meilleur souvenir d’une promenade effectuée sans ennui. Elle fut très agréable du fait de la beauté naturelle des rives du Rhône. Dans un cadre verdoyant, nous apparurent les ruines de Crussol, le confluent de l’Ardèche, les dernières ramifications des Cévennes et des Alpilles, le défilé de la Provence, le port de la vieille cité d’Arles, les canaux conduisant de Port-de-Bouc aux Martigues et qui longent l’étang de Berre. Mais la vision dont nous conservons intacte l’impressionnante image est bien la traversée du canal du Rove. Éclairés par les seuls moyens du bord, en un tunnel de sept kilomètres d’un tracé rectiligne, laissant apercevoir continuellement un point lumineux à son extrémité, nous demeurions frappés d’étonnement au fur et à mesure que notre embarcation approchait de la sortie du tunnel. Rapidement, sans broncher, nous pouvions circuler en mer pour venir nous amarrer au vieux port de Marseille à 16 heures. Dans les mêmes conditions de régularité, nous pouvions effectuer le retour.”
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/01/31/l-histoire-du-vidangeur-de-romans







