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Ferdinand Blain et Victoire Girousse, marchands romanais

Les objets que nous présentons aujourd’hui sont les portraits des romanais Ferdinand Blain et Victoire Girousse qui furent marchands et cafetiers au milieu du XIXe siècle.

Marchand et limonadier

Né en 1810 à Montmiral, de Jean Blain, laboureur, et Thérèse Alloncle, Ferdinand Blain fut marchand rue Pelisserie à Romans, puis limonadier, c’est-à-dire cafetier, Grand Place (aujourd’hui place Maurice Faure), avant de s’installer à Lyon en 1872 où il était négociant puis employé de commerce. Il y est mort en 1883. En 1840, il avait épousé Victoire Girousse à Romans, fille d’un cafetier.

Ils ont eu quatre enfants tous nés à Romans : Clerc Abel, Marie Jeanne Berthe, Marie Mercedès, et Ferdinand Victor Brennus qui sera voyageur de commerce puis gérant de la Société Anonyme des Mines d’ardoises de La Chambre en Savoie.

Le temps des marchands

En l’an 1429, alors que Romans était déjà une ville de marchands drapiers très importante dans le Dauphiné, le bonhomme Jacquemart fit résonner sa cloche pour la première fois.

Jusqu’alors, c’était le temps de l’Église qui rythmait tout autant la vie quotidienne des gens que la vie religieuse, annonçant les heures ponctuées par les prières et les offices mais aussi les grands événements. Ainsi, le tocsin alertait la population d’un danger imminent (incendie, invasion, catastrophe naturelle, etc.)

Or, les marchands avaient besoin d’une mesure du temps à des fins professionnelles : il fallait que les ouvriers drapiers aillent à leur travail à heures fixes et que l’on puisse sonner les heures des transactions commerciales. Au temps de l’Église, marchands et artisans substituent le temps plus exactement mesuré : le temps des horloges. C’est la grande révolution dans l’ordre du temps que ces horloges qui commencent à se dresser face aux clochers des églises et Romans ne fera pas exception.

L’origine du nom de Jacquemart

Dans un premier temps, nous pouvons dire qu’une origine issue de l’expression “Jacques Marteau” tient davantage du folklore local que de la vérité historique.

Dans l’ouvrage de Claude Fauchet, intitulé “Origine des chevaliers, armoiries et héraux”, publié en l’an 1600, nous trouvons cette référence : “Mais pour que les chevaliers n’étoient pas employez aux guerres, afin de les entretenir en quelque exercice, les grands Roys et Seigneurs de marque, quelque fois publioient des assemblées d’armes appelez Tournois pour ce que les Chevaliers y coururent par tour, rompans premièrement leur bois et lances contre une Quintaine ou Jaquemar planté à terre, jusques à la hauteur d’un cheval, ayant sus un pan une statue d’homme couvert d’un escu, un bras estendu, avec une masse, estant cette statue appelée Jaquemar, plantée sur un pivot.”

La quintaine ou jacquemart était alors un mannequin surmontant un mât fixe ou rotatif que le chevalier percutait avec sa lance tendue lors de jeux d’adresse ou d’entraînements.

L’auteur ne date pas l’utilisation de ce terme mais il parle de l’origine des tournois et donc d’une période antérieure au XIVe siècle.

Il est possible que nos ancêtres aient donné le nom de Jacquemart à leurs automates par simple analogie visuelle.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/01/24/ferdinand-blain-et-victoire-girousse-marchands-romanais

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