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Le nécrologe de la congrégation des sœurs de Sainte-Marthe

L’objet que nous présentons aujourd’hui est le nécrologe de la congrégation des sœurs de Sainte-Marthe. Mesurant 55×65 cm, il était exposé dans la salle du chapitre de la congrégation, c’est-à-dire à l’endroit où les religieuses prenaient les décisions quant au fonctionnement et à l’organisation de leur école.

Ce nécrologe comporte les noms de 289 religieuses mortes entre 1818 et 1875.

En 1813, sous le nom de sœur Marie-Philippine, la romanaise Edwige Duvivier fonde une école gratuite que l’on connaît aujourd’hui sous le nom d’école Notre-Dame des Champs – Saint-Yves, bien qu’elle ne soit plus gratuite.

Cette école est d’abord installée rue Puits-du-Cheval, dans l’un des appartements loués pour y faire le catéchisme et, peu après, le nombre des élèves augmentant de jour en jour, dans un local plus vaste dans le quartier de la Presle. Mais le 2 avril 1814, les Autrichiens envahissent Romans et la maison de la Presle est criblée par les obus et dans un délabrement total. Renonçant à y réinstaller son école, Edwige Duvivier obtient que l’administration des hospices lui cède un autre local appelé le Refuge, une maison utilisée pour diverses bonnes œuvres à l’emplacement de l’actuelle rue du Refuge. Les enfants s’empressaient alors d’y venir plus nombreux que jamais.

Sœur Ursule, la première religieuse

À l’année 1865, nous pouvons lire : “Sœur Marie Ursule Verret, première religieuse de Sainte-Marthe”.

Native de Saint-Hilaire-de-la-Côte, en Isère, Marie Françoise Verret est morte le 9 décembre 1865 à l’âge de quatre-vingts ans. Ses parents, Jean-Baptiste Verret et Françoise Berthon étaient agriculteurs. Sensée, pieuse, dévouée et suffisamment instruite, elle s’annonçait comme devant être une “bonne pierre de fondation” pour l’entreprise d’Edwige Duvivier. Le 20 octobre 1814, elle est la première à entrer dans la congrégation, à l’âge de vingt-neuf ans. Trois jours après, une autre postulante appelée Claire Vinay s’est présentée et le noviciat pouvait commencer. Quand Edwige Duvivier jugea la vocation de ses deux prétendantes suffisamment éprouvée, elle les prépara à la vêture religieuse et la cérémonie eut lieu le 1er février 1815 dans la chapelle du Refuge nouvellement restaurée.

En mai 1815, la municipalité de Romans réquisitionne le Refuge et Edwige Duvivier écrit : “La congrégation est dissoute au moment où j’écris ces lignes. Seule sœur Ursule a été autorisée à rester dans la maison pour y prendre soin des orphelines.”

Des jours meilleurs

Retournement de situation vers le mois de juillet. La fondatrice rentre dans la maison du Refuge et serre dans ses bras sœur Ursule avec ses enfants d’adoption. Le 28 du même mois, fête de sainte Marthe, elle chante le cantique de l’action de grâces dans la chapelle du Refuge, ainsi que toute sa famille réunie. Puis quinze postulantes se présentent en l’espace d’un mois.

Le nombre toujours croissant des prétendantes, des novices, des orphelines et des élèves externes rendait la maison du Refuge de plus en plus insuffisante. Elles eurent alors l’opportunité de s’installer dans l’ancien hôpital de Sainte-Foy dont elles prirent possession le 29 juin 1817. Elles y étaient encore il y a quelques dizaines d’années, et l’école Notre-Dame des Champs – Saint-Yves a aujourd’hui pris leur place.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/11/15/congregation-des-soeurs-de-sainte-marthe-le-necrologe

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