Les guides du pèlerin pour le Chemin de Croix de Romans
Les objets que nous présentons aujourd’hui sont des guides du pèlerin pour le chemin de croix de Romans appelé “Grand Voyage”.
Ils portent tous un ex-libris, c’est-à-dire une marque d’appartenance à une personne des temps anciens, et plusieurs sont des éditions non inventoriées aux archives municipales de notre ville.
Il s’agit en même temps d’un recueil de prières à dire devant chaque station et d’un “guide touristique” puisque des indications topographiques permettent au pèlerin de se déplacer d’une station à l’autre à travers la ville.
À Romans, le premier guide du pèlerin fut publié dès 1516, l’année même de la fondation du chemin de croix. Il fallait en faire un lieu de pèlerinage le plus tôt possible…
Le chemin de croix de Romans
À la fin de l’année 1515, un marchand pieux de Romans, Romanet Boffin dit Richard, en voyage d’affaires à Fribourg, en Suisse, a l’occasion d’y voir un chemin de croix.
Il en prend fidèlement le plan et la distance des sept piliers, et décide d’en édifier un dans sa ville natale.
Le chemin de croix et le calvaire de Romans sont fondés en 1516 mais peu de temps après, pendant les Guerres de religion, ils sont saccagés par les protestants.
En 1583, sous l’impulsion de Félicien Boffin, fils du fondateur Romanet Boffin, et avec l’arrivée des frères Récollets, le chemin de croix et le calvaire renaissent de leurs cendres. Les Frères mineurs Récollets appartenaient à un mouvement de réforme des Franciscains, l’ordre religieux inspiré par saint François d’Assise, et aspiraient à un plus grand recueillement. Ils quittèrent le couvent de Romans au début de la Révolution française.
Le calvaire des Récollets est alors à nouveau ruiné : les trois croix et les chapelles sont détruites par les révolutionnaires. Plus rien ne subsiste.
Un miracle authentique
Le 12 mai 1517, un an après la fondation du chemin de croix de Romans, les consuls de la ville furent informés que Henry Vincent, habitant de Moirans, en Isère, était arrivé avec sa femme, son fils âgé de deux ans environ et sa nourrice pour rendre grâces à Dieu et à la croix du Mont-Calvaire de Romans d’un miracle que le Seigneur avait fait sur l’enfant et pour accomplir le vœu qu’il avait promis.
Un jour son fils tomba en si grande maladie qu’on l’avait tenu pour mort. Un religieux lui avait fait le signe de la croix pour le rendre à Dieu et l’avait couvert d’un linceul.
On avait même commencé à faire la fosse de l’enfant.
Soudain, Henry Vincent se souvint avoir entendu que la croix qu’on avait érigé au Mont-Calvaire de Romans faisait de grands miracles.
Il pria alors Dieu que s’il lui plut de rendre vie à son fils, il l’emmènerait devant la croix du Mont-Calvaire et il offrirait une image de cire pesant deux livres.
Environ quatre ou cinq heures après que l’on avait fait le signe de la croix à l’enfant, il revint à la vie !
Alors, la mère de sa femme, qui était présente, dit que c’était un miracle de Dieu.
Pour accomplir ce qu’il avait promis, il vint à Romans avec sa femme, l’enfant et sa nourrice, et fit don du linceul qui avait recouvert l’enfant et de l’image de cire qu’il avait promise.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/05/17/les-guides-du-pelerin-pour-le-chemin-de-croix