A Drouot, 105 332 € pour un Ordre Impérial de Sainte-Anne ayant appartenu au général Marie Félix Silvestre

A Drouot, 105 332 € pour un Ordre Impérial de Sainte-Anne ayant appartenu au général Marie Félix SilvestreInformation passée totalement inaperçue dans sa ville natale.

Le 18 novembre 2011, à l’hôtel des ventes de Drouot, à Paris, un Ordre Impérial de Sainte-Anne ayant appartenu au général romanais Marie Félix Silvestre a été adjugé 105 332 €, réalisant la plus haute enchère de la séance.

Cet objet est ainsi décrit dans le catalogue de la vente : Ordre impérial de Sainte-Anne, fondé en 1735, ensemble complet de 1ère classe avec glaives (grand-croix), composé de la croix en or et émail, du centre d’avers délicatement peint à l’émail sur fond rose (manque les fleurons et les glaives de gauche), des poinçons, de l’écharpe complète montée à la française le noeud légèrement décoloré, de la plaque en argent, dans un écrin en papier bordeaux frappé à l’or de l’aigle impérial et de la légende en russe signifiant “Sainte-Anne 1ère classe”. Avec son brevet de nomination sur papier, daté du 21 septembre 1905. Joint une curieuse lettre du cabinet du chef d’état-major général de l’Armée datée du 13 juillet 1905 : “Mon cher Silvestre, (…) j’ai le plaisir de vous faire connaître que l’Empereur de Russie sur la proposition du général Lenevitch, vous a conféré la grand-croix de Sainte-Anne avec glaives, les insignes ont été expédiés par erreur paraît-il en Mandchourie, mais l’ambassadeur de Russie est informé que d’autres insignes lui seront adressés très prochainement pour remplacer ceux qui se promènent en Mandchourie…”.

Ce jour-là, l’étude de commissaires-priseurs Beaussant Lefèvre dispersait des “Décorations, Armes, Souvenirs historiques, du Mobilier et des Objets d’art”.

Parmi les autres objets mis en en vente et ayant appartenu au général Marie Félix Silvestre, nous trouvons entre autres des uniformes, une épée de général de division modèle 1817, un sabre de général de division modèle 1882, un képi de lieutenant-colonel d’artillerie, des albums de photographies, des livres et quantité de médailles et décorations.

On peut dire que Marie Félix Silvestre fait partie de ces illustres inconnus romanais mais dont je n’ai pas encore parlé.

Il est né le 7 mars 1851, à Romans-sur-Isère, de Alexandre Isidore Silvestre, âgé de 39 ans, banquier, originaire de Varennes-sur-Allier, et de Clémence Laure Bedoin, âgée de 31 ans, originaire de Romans-sur-Isère, domiciliés rue Pélisserie.

Engagé volontaire durant la guerre de 1870-1871, il intégra Polytechnique en 1871, nommé sous-lieutenant en 1873, lieutenant en 1875, il se spécialisa et devint capitaine d’artillerie en 1878.

Il profita de son poste d’attaché militaire à Berlin de 1886 à 1890 pour assister aux manoeuvres impériales (1887, 1888, 1889, 1900) et publier de nombreuses études sur l’artillerie allemande. Promu chef d’escadron en 1890, il commanda le parc d’artillerie du corps expéditionnaire lors de la campagne de Madagascar de 1895.

Lieutenant-colonel en 1896 puis colonel en 1900, c’est en tant que membre de la maison militaire du président de la République, qu’il suivit Émile Loubet dans ses nombreux voyages à l’étranger (notamment en Russie en 1902) et fut chargé de remettre les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur au roi Victor Emmanuel III en février 1901, et au jeune roi Alphonse XIII en janvier 1902.

Général de brigade en 1903, il dirigea la mission militaire française lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905, et en tira un ouvrage intitulé “Considérations sur la campagne de Mandchourie”, publié en 1910.

Promu général de division en 1907, commandant l’artillerie de la place et des forts de Paris de 1909 à 1912, il était, au moment de sa mort soudaine, à Paris, le 15 juillet 1914, inspecteur technique de l’artillerie à pied de siège et de place.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère ; E 48, Registre des naissances, 1851 ; E 63, Registre des mariages, 1846 – Portrait du général Silvestre en dolman, coiffé d’un képi de divisionnaire, portant l’étoile de commandeur de la Légion d’honneur et deux médailles, fusain et rehauts de blanc sur papier de Maurice de Lambert (1873 – 1942), daté de 1908 – Hôtel des ventes de Drouot, www.drouot.com – Beaussant Lefèvre, commissaires-priseurs, www.beaussant-lefevre.com, catalogue des ventes du 18 novembre 2011.

Publié dans: Actualité locale

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