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Bernon de Montélégier à la bataille de Thèbes

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un très rare portrait du romanais Bernon de Montélégier à la bataille de Thèbes. C’est le seul exemplaire connu dans notre ville.

Cette scène a été dessinée par Carle Vernet (1758-1836), artiste peintre, dessinateur, caricaturiste et lithographe très célèbre et réputé en son temps.

Une avalanche de titres

Gabriel Gaspard Achille Adolphe Bernon de Montélégier est né à Romans le 4 janvier 1780, d’une famille romanaise très notable : son père, Jean Pierre Gabriel, fut mousquetaire et maréchal de camp, et son grand-père, Gabriel, fut juge royal et lieutenant général de police de Romans.

S’étant engagé sous les drapeaux à dix-sept ans, Bernon de Montélégier suivit en Égypte le général Louis André Bon, lui aussi romanais, à titre de secrétaire, ce qui ne l’empêcha pas de montrer sa bravoure lors de la bataille des Pyramides.

Nommé lieutenant en 1798 puis capitaine en 1800, il était colonel de dragons (unités d’infanterie et de cavalerie), aide de camp du maréchal François Joseph Lefebvre dit « duc de Dantzig » et baron de l’Empire en 1810, et maréchal de camp en 1813 en récompense de sa belle conduite lors de la guerre d’Espagne.

Blessé à la bataille de Brienne, le 29 janvier 1814, il dut rentrer à Paris. Quelques jours après, il devenait chevalier de Saint-Louis, lieutenant général et aide de camp du duc de Berry, Charles-Ferdinand d’Artois, qu’il suivit à Gand (Belgique) lors des Cent-Jours. Il obtint alors d’être employé dans la garde royale dont il faisait partie lorsqu’il eut avec le colonel Barbier-Dufay, à propos de sa déposition dans le procès de la conspiration du 19 août 1820, un procès suivi d’un duel dans lequel il fut grièvement blessé au bras droit. Nous avons déjà parlé de cette conspiration qui visait à chasser le roi de France Louis XVIII et à le remplacer par Napoléon II, roi de Rome, fils de l’empereur Napoléon Ier et Marie-Louise d’Autriche, et à laquelle participèrent deux romanais, Jean-Joseph Mallen et Charles Bérard !

La Corse

Chargé, en 1823, du commandement militaire de la Corse, il l’exerçait depuis deux ans lorsqu’il mourut subitement à Bastia au milieu des préparatifs d’une fête qu’il se disposait à donner pour la Saint-Charles. Il s’était alors déjà tellement fait apprécier que la municipalité de Bastia, interprète du sentiment public, décida que ses restes seraient inhumés dans la principale église de la ville et que des services commémoratifs de son décès furent ensuite célébrés un peu partout, notamment à Bastia même.

Lettre à Napoléon Bonaparte

À propos de la bataille de Thèbes, Bernon de Montélégier a écrit une lettre mémorable à l’empereur Napoléon Bonaparte dans laquelle il raconte : “Dans ce combat, mon cheval à été tué sous moi et j’ai reçu deux coups de sabre. Sire, j’ai demandé la récompense des braves, la Croix d’Honneur. On m’avait même fait espérer de l’avancement. Je n’ai rien obtenu. Le sang versé pour mon pays, le dévouement le plus absolu pour Votre Majesté sont des titres que j’ose mettre à vos pieds en implorant votre profonde justice.”

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/01/10/bernon-de-montelegier-a-la-bataille-de-thebes

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