Jean-Yves Baxter Lire →

Portraits de la famille Reymond-Merlin

Les objets que nous présentons aujourd’hui sont quatre portraits de la famille Reymond-Merlin qui fut l’une des familles les plus importantes de Romans.

Ces quatre illustres romanais sont, de gauche à droite sur la photo, Jacques IV Reymond-Merlin et ses fils Marc Reymond-Merlin, Jacques Reymond-Merlin du Chélas et François Reymond-Merlin issus de son mariage avec Louise Monier.

L’élite de la ville

Jacques IV Reymond-Merlin est né à Romans le 9 novembre 1632. Marchand puis gentilhomme ordinaire du roi, il fut anobli en 1676 et premier consul (équivalent du maire actuel) de la ville de Romans en 1684 où il est mort le 19 mai 1695.

Marc Reymond-Merlin est né à Romans le 26 septembre 1678. Lieutenant au régiment de Roquépine puis maître de camp au régiment de Vaudemont, il prit sa retraite à Paris où il est mort le 19 juin 1716.

Jacques Reymond-Merlin du Chélas est né à Romans le 24 mai 1680. Capitaine de cavalerie au régiment de Condé et chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, il est mort à Romans le 22 juillet 1756.

François Reymond-Merlin est né à Romans le 13 octobre 1662. Capitaine de cavalerie au régiment de Sully et chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, il est mort le 28 février 1738.

Duel tragique à Romans

Jacques Reymond-Merlin du Chélas (troisième sur la photo) était le père de Jacques-François Reymond-Merlin du Chélas qui eut un destin tragique.

Conseiller au Parlement de Grenoble, âgé de 44 ans, homme de beaucoup d’esprit mais d’humeur colérique, il assassina, le 18 juillet 1769, le romanais Jacques-Thomas-Lambert Suel-Béguin, capitaine dans la légion de Flandre.

Les deux avaient pris rendez-vous pour un duel à l’extérieur des remparts de la ville, en sortant par la porte de Jacquemart. Du Chélas parait en bottes, culotte de peau, un plastron de fer-blanc sur un autre piqué de plusieurs doubles de satin. Lambert, au contraire, se montre en caleçon et gilet blancs, avec la franchise d’un brave.

Lambert porte un coup d’épée qui met en équilibre son adversaire sans le percer : son plastron résiste au choc. Voyant qu’il avait à faire à un malhonnête homme, Lambert le lui fait savoir, recule et crie à l’assassin. Du Chélas le poursuit et Lambert recule encore mais une pierre le fait tomber à la renverse. Du Chélas, furieux, se jette sur lui, lui met les genoux sur le ventre, et lui donne onze coups d’épée, tous mortels.

Immédiatement après, du Cheylas part se réfugier en Savoie.

Bientôt tout Romans est au courant de cet assassinat et court voir le cadavre.

Du Chélas est condamné par contumace à faire amende honorable, tête nue, en chemise, devant la principale porte de Saint-Barnard, et à être conduit de là sur la place pour y avoir, sur un échafaud, les bras, cuisses et reins rompus vifs, expirer sur la roue, ses armes brisées et noircies en sa présence, au pied de l’échafaud. Le 18 septembre 1769, du Cheylas est exécuté par effigie sur la place publique de Romans.

Durant la Révolution française, du Cheylas se constitue prisonnier à Grenoble pour réhabiliter sa mémoire et y meurt quelques temps après.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/12/06/portraits-de-la-famille-reymond-merlin

Publier un commentaire