Auguste Baux, héros de la Grande Guerre
L’objet que nous présentons aujourd’hui est un rare lot d’archives contenant des photos, des documents divers et le manuscrit du récit d’évasion de l’aviateur Auguste Baux.
Naissance d’un héros
Chaque guerre révèle des figures dont le courage dépasse la simple chronique militaire. Auguste Nicolas Baux est de celles-là. Né le 9 juillet 1892 à Bourg-de-Péage, fils de deux instituteurs, Louis Charles Baux et Louise Madeleine Romanet, il grandit entre Bourg-de-Péage et Romans où il suit sa scolarité au collège. Très tôt, il se distingue par son goût du sport et il joue dans l’équipe première de l’Union Sportive Romanaise et Péageoise jusqu’à ce qu’une blessure l’éloigne des terrains de rugby.
Entré aux Ponts et Chaussées en 1911, Auguste Baux nourrit pourtant une autre ambition : voler. Il se renseigne auprès de Roland Garros pour rejoindre l’aviation mais lorsque la Première guerre mondiale éclate, il s’engage d’abord au 75e régiment d’infanterie basé à la caserne Bon de Romans.
Du cachot aux Cigognes
Fait prisonnier au début de la guerre, il ne se résigne pas. Une première tentative d’évasion échoue et repris, il est enfermé au cachot. Son propre récit décrit le froid, la faim, la boue, les marches dans la neige, les ruses employées pour tromper les sentinelles puis l’amertume de la capture après plusieurs jours d’efforts. Mais cette défaite provisoire ne brise pas sa volonté et il tente de nouveau sa chance quelques mois plus tard. Cette fois, il parvient à s’évader et gagne la Suisse. Son rêve d’aviation peut alors se réaliser. Admis à l’école de pilotage Caudron du Crotoy, il obtient son brevet de pilote le 28 février 1917 puis se perfectionne à Avord. Il rejoint ensuite la prestigieuse Escadrille des Cigognes commandée par René Fonck, l’un des plus grands pilotes français de la Première guerre mondiale.
Être aviateur, alors, c’est appartenir à une arme nouvelle qui fascine l’opinion. La presse suit les exploits de ces combattants du ciel bientôt qualifiés d’as lorsqu’ils obtiennent au moins cinq victoires homologuées. En France, la reconnaissance est particulièrement stricte : une victoire doit être confirmée et l’appareil ennemi abattu doit tomber dans les lignes alliées. Auguste Baux entre dans ce cercle très fermé avec cinq victoires homologuées.
Honneur et postérité
Le 17 juillet 1918, dans le secteur de Jonquery, dans la Marne, Auguste Baux disparaît au cours d’un combat aérien. Son corps est retrouvé sous les débris d’un SPAD Hispano-Suiza.
Décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec quatre palmes, Auguste Baux reçut plusieurs citations qui résument la force de son engagement : “Brave soldat. Ayant été fait prisonnier, a fait preuve d’endurance et de patriotisme en préparant et en exécutant son évasion et en particulier, en circulant pendant dix jours sur le territoire ennemi.” Une autre salue le pilote : “Après avoir fait preuve, dans des circonstances difficiles, d’un courage, d’une énergie et d’une endurance au-dessus de tout éloge, est passé dans l’aviation, où il s’est affirmé comme un pilote de premier ordre, faisant l’admiration de ses camarades par sa bravoure, son entrain et son mépris du danger. A abattu récemment son deuxième avion ennemi.” La dernière tient en quelques mots : “Grand pilote de chasse. Combattant admirable. Tué le 17 juillet 1918 en combat aérien.”
Son nom demeure inscrit au lycée Triboulet de Romans, au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget ainsi qu’au lycée Ampère de Lyon. Par son endurance, son patriotisme et sa bravoure, Auguste Baux appartient à cette génération d’hommes qui firent de leur vie un engagement total.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/06/06/auguste-baux-aviateur-et-heros-de-la-grande-guerre







