Jean-Yves Baxter Lire →

Aymon Ier, fondateur du Régiment de la Calotte

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un rare portrait du romanais Étienne Isidore Théophile Aymon dit Aymon Ier, fondateur d’une sorte d’académie satirique et littéraire.

Écuyer porte-manteau du Roi

Étienne Isidore Théophile Aymon, deuxième fils d’André et de Marguerite Michel, naquit à Romans, le 22 février 1659, et succéda à son père dans la charge d’écuyer porte-manteau du Roi de France, c’est-à-dire officier de la cour.

Mais ce n’est évidemment pas là ce qui lui valut une certaine célébrité car celle-ci tient uniquement à ce que notre Romanais fut le fondateur et le chef d’une sorte d’académie satirique et littéraire qui fit grand bruit au XVIIIe siècle sous le nom de “Régiment de la Calotte”.

Fondée vers 1702, cette société qui se proposait, tout à la fois, de se moquer et d’enrôler les mauvais auteurs et les sots, ou plutôt les excentriques, emprunta son nom à la calotte de plomb que l’on préconisait alors contre les maladies mentales. Elle avait pour emblèmes la lune et une marotte, avec pour devise “C’est régner que de savoir rire” et ses membres, qui se reconnaissaient fous les premiers, tenaient leurs séances à table.

Étienne Isidore Théophile Aymon est mort à Versailles, le 6 mai 1731.

Grande notoriété

Le portrait de Aymon Ier a été réalisé par le célèbre peintre, graveur et dramaturge Charles Antoine Coypel (1694-1752). Il fut Premier Peintre du Roi et directeur de l’Académie Royale. Il hérita du titre de Garde des tableaux et dessins du roi, une fonction qui combine les rôles de directeur et de conservateur de la collection d’art du roi. Ce qui montre la grande notoriété de notre Aymon Ier dans son temps.

Poème calotin

Le sujet est facétieux mais il a les sympathies du public et il ne blesse ni la morale ni le bon goût. De tous temps, depuis Horace, Homère, Pline, Cicéron et tant d’autres, les poètes et les écrivains ont exploité cette mine féconde.

Les auteurs Romanais ayant eu une grande renommée sont peu nombreux alors quand l’un d’entre-eux a fait ses preuves dans l’art de l’écriture scatologique, on peut parler de drôle de destin !

Le recueil “Le Conseil de Momus et la Revue de son Régiment, poème calotin”, publié en 1730, contient quelques lignes sérieuses sur les figures du dieu Crepitus.

Dans la deuxième moitié du premier chant, on peut lire : “Mais il est certains Vents-Coulis / Jadis adorez à Memphis / Qui tantôt sont doux, et paisibles / Tantôt orageux et terribles. / De leur petit monde échappés / Ils se trouvent bien attrapés : / Certes on ne saurait pis faire / Que sortir hors de sa sphère / À peine ces francs étourdis / Désertent le natal logis / Qu’ils deviennent vents inutiles.”

Dans le troisième chant, nous voyons apparaître un personnage du nom de Petenlair : “Chacun accourt fort empressé / Non un pied nu l’autre chaussé / Non pas même en robe de chambre / (Qu’on n’arbore plus qu’en Novembre) / Mais avec le bonnet léger / Et le voltigeant Petenlair.”

Puis : “Ah Ah, Monsieur du Petenlair / Par ma foi vous avez bon air.”

On y trouve aussi une gravure représentant “le Dieu Pet sous la forme d’un enfant accroupi qui semble se presser pour donner de la liberté au vent qui l’incommode.”

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/09/27/aymon-premier-fondateur-du-regiment-de-la-calotte

Publier un commentaire