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Des montres de gousset du XIXe siècle

Les objets que nous présentons aujourd’hui sont deux montres de gousset datant du XIXe siècle. Fabriquées par les horlogers Auguste Seux et Étienne Gras, ce sont les deux seules de cette époque connues à ce jour.

Deux horlogers romanais

Louis dit Auguste Seux est né en 1805 à Tournon d’un père orfèvre. Jadis, il était fréquent que les gens utilisent leur deuxième ou troisième prénom ou encore un prénom d’emprunt dans la vie courante. En 1838, il épouse une fleuriste romanaise, Louise Eulalie Eynard, qui mourut un mois après avoir mis au monde Augustin, leur seul enfant. Auguste Seux était horloger 24 côte Jacquemart entre 1839 et au moins 1843. La montre, que nous présentons, date donc de la première moitié du XIXe siècle. Il ne s’est jamais remarié et il est mort le 11 avril 1892 à Romans.

Étienne André Gras est né en 1840 à Romans d’une lignée d’orfèvres et bijoutiers, professions exercées par son père et son grand-père. En 1868, il épouse Anne Marie Augusta Charvin avec laquelle il aura quatre enfants. Il exerçait sa profession d’horloger 13 Grand Place à Romans (aujourd’hui place Maurice Faure).

Il n’y a qu’un pas des montres aux chaussures

Nous trouvons une description de l’immeuble où vivait et travaillait Auguste Seux dans un acte de vente par expropriation forcée daté du 28 septembre 1847 : “Une maison d’une superficie d’environ trente centiares, ayant pour confins, au nord la maison de Benoît Cheval, au levant (à l’est) une basse-cour commune à plusieurs propriétaires (dans une maison, c’est une cour généralement occupée par les écuries et les communs), au midi (au sud) un cul-de-sac, et au couchant (à l’ouest) la côte Jacquemart. Cette maison se compose d’un rez-de-chaussée servant de magasin, de deux étages et de galetas (logement pratiqué sous les combles). Elle est éclairée sur la côte Jacquemart, où elle a sa principale façade, par la porte d’entrée du magasin et par deux fenêtres aux étages. Elle a son entrée principale dans le cul-de-sac et est éclairée de ce côté par deux fenêtres irrégulières. Elle a aussi une entrée au levant de la maison, dans la basse-cour commune. Cette maison est habitée, on ne sait à quel titre, par le sieur Dagand, galocher (fabricant de chaussures à semelles de bois). Elle porte sur la façade deux enseignes dont l’une, peinte sur la boiserie de la devanture du magasin, est ainsi conçue : “Auguste Seux, horloger et orfèvre”, et l’autre, qui fait saillie sur la rue, porte ces mots : “A la Galoche solide”.”

Auguste Seux avait déjà quitté cet immeuble mais le dénommé Louis Dagand qui y exerçait alors la profession de galocher ne nous est pas inconnu. Au début des années 1840, François Barthélémy Guillaume (parfois orthographié Guilhaume) se met en affaires avec Louis Dagand, originaire de Lyon et installé côte Jacquemart, mais leur entreprise décline bientôt et Guillaume poursuit l’aventure seul en introduisant dans la ville les dernières innovations techniques en matière de fabrication de chaussures et, en particulier, la chaussure clouée qui prit rapidement une extension considérable. Ainsi, alors que rien ne laissait prévoir que Romans deviendrait un centre industriel de la chaussure, François Barthélémy Guillaume en fut à l’origine.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/02/07/des-montres-de-gousset-du-xix-sup-e-sup-siecle

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