Le docteur Jean-Baptiste Henri Dubouchet
L’objet que nous présentons aujourd’hui est un rare portrait du docteur romanais Jean-Baptiste Henri Dubouchet qui peut donner une idée du rôle que la publicité joue dans l’existence de certains hommes, même au XIXe siècle.
Jean-Baptiste Henri Dubouchet est né à Romans, le 7 octobre 1802, de Paul Vital Dubouchet, horloger, et Marie Thérèse Giroud. Il était petit-fils et arrière-petit-fils de médecins.
Des études précoces
Il entra de très bonne heure au collège de Tournon et en sortit en 1816 pour continuer ses études au prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris. Son goût pour la médecine était si prononcé qu’il fréquentait déjà les amphithéâtres et les hôpitaux pour s’y instruire, à peine âgé de dix-sept ans.
En 1822, il fit la connaissance du docteur Ducamp, médecin réputé des maladies des voies urinaires, qui l’engagea à soigner conjointement avec lui quelques malades. Et l’année suivante, lorsque le docteur Ducamp, à peine âgé de trente-deux ans, succomba à une phtisie pulmonaire qui le minait depuis longtemps, le public accorda immédiatement et naturellement sa confiance à notre romanais qui lui succéda. Les malades continuèrent à réclamer ses soins et à chercher un soulagement de leurs maux auprès du jeune docteur qui savait employer avec dextérité les instruments inventés par Ducamp.
Ce fut la même année que parut le premier ouvrage du docteur Dubouchet. Il avait à peine vingt-et-un ans et son “Traité sur les maladies des voies urinaires” fut recherché avec empressement. Dans cet opuscule remarquable, écrit avec précision et clarté, on se plaisait déjà à retrouver l’expérience d’un vieux praticien. Il s’y effaçait complètement en écrivant : “Si j’obtiens quelques succès dans une route où j’ai trouvé les voies toutes tracées, la gloire et l’honneur en reviennent à Ducamp seul, mon maître et mon ami.” Ce premier ouvrage se vendit très bien car le docteur Dubouchet écrivait de manière à être compris de tous, décrivant les objets les plus vides de la science de façon claire et précise.
Il publia d’autres ouvrages à succès comme “Monographie sur les maladies des femmes”, “Manuel sur la goutte et le rhumatisme aigu”, “Traité des rétentions d’urine et des obstructions de l’urètre”, etc.
Un médecin désintéressé
Les opinions politiques du docteur Dubouchet étaient franchement acquises au progrès et il accueillit avec enthousiasme la révolution de Juillet, aussi appelée “Trois Glorieuses” en référence aux trois journées sur lesquelles elle se déroula, du 27 au 29 juillet 1830. Pendant ces journées, il donna secours aux malheureux, les recueillant chez lui et ne les laissant aller que lorsqu’ils étaient à l’abri du besoin. On voulut le récompenser pour sa conduite mais il refusa.
En 1834, il épousa Adèle Sophie Dupont à Paris, elle-même médecin et veuve de l’imprimeur Gaspard Denis Doyen.
Il triomphe du choléra
Lorsque le choléra arriva à Paris, le docteur Dubouchet fut un des premiers à prodiguer ses soins à ceux qui furent si rapidement enlevés par cet horrible fléau. Il cherchait à étudier et à bien observer une maladie qui s’étendait avec tant de rapidité, où les soins les plus empressés de la médecine furent si peu efficaces. Lorsqu’il succomba à la fatigue et fut atteint par la contagion, il expérimenta des soins sur lui-même et triompha du mal.
Il semble qu’il soit revenu dans sa région natale à la fin de sa vie car il était domicilié à Valence lorsqu’il mourut, le 8 mars 1881.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/11/08/l-incroyable-vie-du-docteur-jean-baptiste-henri-dubouchet







