Le fossé de la place Jules Nadi
L’objet que nous présentons aujourd’hui est une photo de la promenade des Cordeliers, aujourd’hui place Jules Nadi, telle qu’elle était avant 1901. C’est la seule photo montrant le fossé en pente abrupte qui occupait la moitié de la place et c’est le seul exemplaire connu.
Elle est au format carte postale mais n’a jamais été commercialisée comme l’indique une note manuscrite de l’auteur au dos de la photo.
Sur celle-ci, on peut voir un panneau indiquant : “Ville de Romans – On reçoit du remblai” ainsi que des blocs de pierre et autres matériaux de remblai déjà déposés par des habitants.
On y voit aussi que certains éléments ont changé puisque la porte permettant d’accéder sous le kiosque était alors de plain-pied. Elle fut ensuite accessible par un escalier et elle est aujourd’hui comblée.
Comblement du fossé
C’est en janvier 1901 que le conseil municipal de la ville de Romans a décidé de combler le fossé, vestige du couvent des Cordeliers.
La Banque de France projetait de construire un bâtiment au sud de la place et proposait une subvention à la municipalité pour combler le fossé à cet emplacement à la condition que cela soit fait dans les trois mois.
À cet emplacement, la fourniture et le transport des matériaux de remblai étaient donc à la charge de la ville. Par contre, il était décidé de demander aux voituriers, propriétaires et entrepreneurs de la ville de transporter gratuitement du remblai pour combler le reste du fossé dans un temps plus long.
Les travaux nécessitaient aussi de bâtir des murs de soutènement contre le jardin du monastère de Sainte-Claire et contre les immeubles Roux, Rousset et Domergue, de rehausser le mur de soutènement du côté de la rue Conquers (aujourd’hui rue de la Banque), de déplacer les grilles et marches d’escalier du côté de cette même rue, de déposer et reposer les bancs, et de déplacer des arbres.
M. Rousset refusait d’élever le plancher du rez-de-chaussée de son immeuble mais le conseil municipal décida de passer outre et, à titre provisoire, de réserver seulement devant son immeuble un espace de quatre à cinq mètres raccordé au reste de la place par un talus ayant même pente que celui actuel ou par des marches d’escalier. On comprend bien que ce propriétaire récalcitrant rentra vite dans le rang pour ne pas avoir à faire lui-même plus tard des travaux inévitables.
Le couvent des Cordeliers
Jusqu’à la Révolution française, toute la superficie de l’actuelle place Jules Nadi, bâtiments compris, était occupée par le couvent des Cordeliers fondé en l’an 1252.
En novembre 1801, des experts ayant constaté le mauvais état de l’église et du couvent des Cordeliers et estimé à 55 000 livres la somme nécessaire pour remettre ces bâtiments en bon état, le conseil municipal décida qu’ils seraient démolis de manière à laisser libre un emplacement de 522 pieds (environ 160 mètres) de longueur sur 108 pieds (environ 30 mètres) de largeur où il pourra être planté 135 arbres en cinq allées.
Cet emplacement est aujourd’hui la place Jules Nadi.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2026/01/03/le-fosse-de-la-place-jules-nadi







