Le previsioni meteo di Mathieu de la Drôme
L’objet que nous présentons aujourd’hui est une rare édition italienne de l’Almanach de Mathieu de la Drôme pour l’année 1865, seul exemplaire connu à ce jour.
Qui était Mathieu de la Drôme ?
Philippe-Antoine Mathieu naît le 6 juin 1808 à Saint-Christophe-et-le-Laris, petit village de la Drôme situé à 20 kilomètres au nord de Romans, d’une famille de cultivateurs.
D’abord enseignant et conférencier, à Lyon puis à Romans où il fonde un établissement d’enseignement, il s’engage dans la vie publique et devient l’une des figures républicaines du département. Élu député en 1848, c’est sur les bancs de l’Assemblée qu’on lui donne le surnom de Mathieu de la Drôme. S’opposant à la politique de Louis-Napoléon Bonaparte, il est expulsé du territoire français après le coup d’État de 1851, s’exile successivement en Belgique et en Suisse puis revient en France quelques mois plus tard.
Il meurt le 16 mars 1865 à Romans, dans sa maison d’habitation de la rue Royans, dans le quartier Saint-Nicolas, et repose au cimetière ancien de la ville.
Un pronostiqueur à succès
En 1862, Mathieu de la Drôme se fait connaître en publiant un ouvrage consacré à la prédiction du temps par les phases lunaires. Puis, à partir de 1863, il lance un almanach fondé sur ses pronostics qui connaîtra un énorme succès. À l’aide de certaines observations et moyennant certains calculs, il affirmait pouvoir prédire le temps qu’il ferait jusqu’à une année d’avance.
La presse nationale de l’époque avait l’habitude de moquer son entreprise. Puisons quelques exemples dans le quotidien Le Figaro : le 12 novembre 1863 : “Depuis que le mauvais temps a donné raison à Mathieu de la Drôme, ce prophète de malheur ne se sent pas de joie.” ; le 3 décembre 1863 : “Les savants ne doutent de rien. Un professeur de l’Académie de Genève vient de découvrir le secret de la production des sexes à volonté. C’est plus fort que Mathieu de la Drôme !” ; le 18 juillet 1873 : “On se demande s’il ne viendra pas, un jour, quelque nouveau Mathieu de la Drôme qui déterminera à l’avance, dans un almanach, l’époque et la durée des tempêtes législatives.” ; et le 25 juillet 1875 : “Si la prédiction du temps semble être encore une science si merveilleuse, c’est que les faux prophètes qui l’ont accaparée et qui l’exploitent se sont appliqués à l’entourer d’un voile mystérieux.”
La mort de Mathieu de la Drôme n’interrompt pas la publication des almanachs et son gendre, Louis Neyret, reprend la fonction de pronostiqueur dès 1866, suivi par le petit-fils de Mathieu de la Drôme, Ernest Dupuy, jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale.
La Bibliothèque nationale d’Autriche conserve un exemplaire de l’édition italienne pour l’année 1864. C’est le seul autre exemplaire que nous avons trouvé lors de nos recherches.
La rue Mathieu de la Drôme
À Romans, c’est en 1881 que cette voie prit le nom de Mathieu de la Drôme. Auparavant, elle était divisée en deux sections : la rue de l’Abbé, de la place Maurice Faure à la rue Saraillerie, puis la rue Saunerie, jusqu’à la côte des Cordeliers. La rue de l’Abbé rappelait qu’il y avait eu une abbaye bénédictine à l’emplacement de l’église Saint-Barnard, et la rue Saunerie, qu’il y avait eu un entrepôt à sel. Très étroites, ces rues avaient été élargies en 1770 puis en 1820.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/12/27/le-previsioni-meteo-di-mathieu-de-la-drome







