Jean-Yves Baxter Lire →

Les portraits des religieuses de Sainte-Marthe

Les objets que nous présentons aujourd’hui sont sept portraits des religieuses de la congrégation de Sainte-Marthe dont les bâtiments sont aujourd’hui occupés par l’école Notre-Dame des Champs.

Edwige Duvivier est née le 5 septembre 1785, rue de l’Armillerie à Romans, dans la grande demeure de ses parents, Amédée Philippe Duvivier, magistrat, conseiller au parlement de Grenoble, et Anne Marguerite de Vellein d’Oncieux, arrière-petite-fille de Romanet Boffin, fondateur du chemin de croix et du calvaire de Romans.

Son portrait que nous montrons ici est une huile sur toile mesurant 81×65 cm.

Dès son plus jeune âge, ses parents s’appliquèrent à lui inculquer l’amour et la crainte de Dieu, ce dont elle ne se plaignit jamais et forgea toute sa vie. Alors qu’elle venait d’entrer dans sa dix-huitième année, elle voulut entrer au monastère de la Visitation de Romans qui venait de se reformer mais son père refusa, voulant la garder auprès de lui. En 1813, sous le nom de sœur Marie-Philippine, elle fonda une école gratuite dans les bâtiments de l’ancien hôpital Sainte-Foy, et que l’on connaît aujourd’hui sous le nom d’école Notre-Dame des Champs.

Le tombeau de Edwige Duvivier

Edwige Duvivier mourut le dimanche 1er février 1835, à l’âge de quarante-neuf ans. Dès que la cloche du monastère et celles de Saint-Barnard eurent annoncé le deuil de la Congrégation, le peuple de Romans s’écria d’une voix unanime : “La Sainte est morte !” Son corps fut exposé au milieu du chœur et ne cessa d’être visité par une foule désireuse de rendre un dernier hommage à celle qui avait passé sa vie en faisant le bien.

Après des funérailles grandioses, elle fut enterrée dans le calvaire des Récollets mais quelques semaines plus tard, elle fut secrètement exhumée, dans la nuit, pour être transportée dans un oratoire dédié à sainte Thérèse, dans un bâtiment de la congrégation. En 1844, un majestueux tombeau fut érigé dans le jardin pour y recevoir les restes de la fondatrice. Il existe toujours, dans la cour de l’école Notre-Dame des Champs, et on y trouve une pierre portant l’inscription “Ici repose le corps de notre vénérée fondatrice sœur Marie-Philippine Duvivier” mais elle aujourd’hui inhumée dans le cimetière municipal de Romans.

Les autres religieuses

Parmi les autres portraits que nous montrons se trouvent Mère Marie-Rose Richard, supérieure de 1842 à 1853 (petit tableau au centre mesurant 56×46 cm), Mère Rose-Angèle Fiéron, supérieure de 1909 à 1917 (4ème en partant de la gauche, 94×77 cm), et Mère Louise-Gabriel Reboullet, supérieure de 1925 à 1931 (3ème en partant de la gauche, 99×78 cm). Les autres portraits ne sont malheureusement pas identifiés mais ils proviennent incontestablement de la congrégation. Les grands tableaux représentant les portraits des Mères supérieures étaient exposés dans la salle du chapitre, c’est-à-dire la salle des délibérations, de la congrégation.

En 1905, expulsée suite à la loi de séparation des Églises et de l’État, l’école Sainte-Marthe s’installa dans le château de Pizançon où elle prit le nom de Notre-Dame des Champs. Elle garda ce nom à son retour à Romans, en 1919, et encore aujourd’hui.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/04/05/les-portraits-des-religieuses-de-sainte-marthe

Publier un commentaire