Par 17 septembre 2013 0 Commentaire Lire →

22 février 1849 : Enlèvement du bonnet phrygien, place du Champ de Mars

22 février 1849 : Enlèvement du bonnet phrygien, place du Champ de MarsCe 22 février 1849, M. le préfet de la Drôme vient de faire procéder à l’enlèvement du bonnet phrygien qui était fixé au bout du mat de cocagne qui fut planté au Champ de Mars, en mars 1848, sous le nom d’arbre de la liberté.

Pour prévenir tout tumulte ou l’émeute, M. le préfet a requis l’assistance d’un détachement de cavalerie et d’infanterie, et après quelques instants de travail, le mat de cocagne a été abattu et l’ignoble emblême de la terreur enlevé.

La population de Romans, toujours laborieuse et paisible, ne s’est point aperçu, pour ainsi dire, de cette opération faite à midi. Malgré l’instigation des oisifs et des agitateurs de profession, les ouvriers, les artisans, les promeneurs et les curieux qui se trouvaient là en très petit nombre n’ont pas même honoré de la plus modeste manifestation l’enlèvement du susdit bonnet. Aussi, il faut le reconnaître, la classe industrielle et les travailleurs de tous les corps d’état ont appris à leurs dépens que les affaires avaient souffert sous le règne du bonnet rouge, des émeutes et des clubs, et que l’on gagnait encore davantage à travailler ou à rester chez soi, plutôt que de faire de la politique sur les places publiques ou dans les cabarets.

La population éclairée félicite M. le préfet de la prudence et de la fermeté qu’il a mises à faire disparaître l’insigne dégoûtant de la terreur révolutionnaire, qu’un décret de notre République a proscrit de ses attributs.

Dans la matinée du même jour, M. le préfet avait fait procéder à la même opération au Bourg-du-Péage. Elle a éprouvé quelque difficulté, non de la part de la population qui est restée inoffensive quoique réunie en grand nombre sur la place, mais à cause de l’élévation extraordinaire du mat. En vain, un homme a grimpé jusqu’à la cime et a essayé d’enlever le bonnet rouge. Il n’a pu y parvenir. On s’est alors décidé à couper l’arbre par le pied. Quelques coups de hache donnés par des artilleurs ont suffi pour le renverser.

Source : Le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche.

Publié dans: 19è siècle, Vie et Métiers

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