Arrêté relatif à la Police du Théâtre en 1875

Arrêté relatif à la Police du Théâtre en 1875Au mois de septembre 1875, il a été affiché, à tous les étages et dans les endroits les plus en vue du théâtre de Romans-sur-Isère, un arrêté relatif à la Police du Théâtre.

Cet arrêté nous renseigne sur les moeurs et comportements des romanais “aisés” à la fin du XIXè siècle. En voici quelques extraits :

Le spectacle commencera exactement à l’heure fixée par l’autorité et indiquée par l’affiche.

Le bureau où les billets sont distribués s’ouvrira une heure avant le lever du rideau. Il est défendu, avant que la distribution des billets soit commencée, d’introduire des spectateurs dans la salle.

Le trafic des billets et des contremarques est absolument interdit, à quelque heure que ce soit, aux portes et aux abords du théâtre, sur la place de l’Hôtel de Ville et dans les rues adjacentes.

Il est défendu d’amener dans la salle des enfants au-dessous de cinq ans.

Il est défendu d’introduire des chiens, soit dans les couloirs et escaliers du théâtre, soit dans la salle de spectacle.

Les représentations devront toujours être terminées avant minuit. L’intervalle entre les pièces ne pourra dépasser un quart d’heure.

Il est enjoint au propriétaire de faire, avant chaque représentation, soigneusement balayer toutes les parties, battre et brosser les banquettes, de faire aérer la salle et exécuter, en un mot, toutes les mesures relatives à la propreté et à la salubrité, et notamment à la désinfection des lieux d’aisance.

Chacun doit venir au théâtre dans une tenue convenable, s’y tenir décemment et ne se permettre aucune provocation insultante pour le public ou les artistes.

Quand le rideau est levé, on doit écouter en silence et la tête découverte.

Avant le lever du rideau et pendant les entractes, il est défendu de troubler les spectateurs par des cris, des huées, des apostrophes, des trépignements, des applaudissements, des sifflets, comme aussi d’engager des conversations à voix haute d’une place à une autre place plus éloignée.

Dans le cas où cette défense serait enfreinte, la police seule ayant le mandat de faire observer le présent règlement, procès verbal sera dressé contre les contrevenants qui pourront, au besoin, être expulsés de la salle. Enfin, si le bruit et les clameurs dégénéraient en tumulte général et persistant, l’officier de police devrait sommer, au nom de la loi, les spectateurs de faire silence, et si le calme ne se rétablissait pas, après cette sommation, il ferait immédiatement évacuer la salle.

Il est défendu de parler et de circuler dans les corridors pendant la représentation, de manière à troubler l’ordre.

Il est expressément défendu de fumer sur la scène, dans les coulisses, dans la salle et dans les couloirs. Il est également défendu, en sortant, d’allumer des pipes, cigares et cigarettes aux becs de gaz des corridors.

La première loge de gauche est réservée à Messieurs les officiers du régiment en garnison dans la ville de Romans-sur-Isère, sans qu’il leur soit interdit d’occuper toute autre place à leur convenance. Toutefois, si cette loge n’est pas occupée après le premier acte de chaque représentation, elle pourra être livrée au public.

La première loge de droite est réservée à l’administration municipale. Nul n’a le droit de s’y placer sans autorisation spéciale.

Une place des premières est également réservée à Monsieur le commissaire de police.

Chaque spectateur aura le droit de marquer sa place et de la conserver en son absence pendant les entractes mais seulement jusqu’au lever du rideau. Toute place non occupée en ce moment pourra être prise par la première personne qui se présentera.

A la fin du spectacle, la buvette du foyer et le café du rez-de-chaussée devront être immédiatement évacués et fermés. Nulle consommation ne pourra y être donnée pendant le reste de la soirée.

Il n’est fait exception à cette disposition qu’en faveur des artistes et des musiciens de l’orchestre, dans le cas où ils auraient besoin de se restaurer avant de retourner à Valence, sans que cette tolérance puisse s’étendre à plus d’une demi-heure après la chute du rideau et à d’autres personnes qu’aux artistes et musiciens de la troupe.

Le présent arrêté devra être affiché à tous les étages et dans les endroits les plus en vue du théâtre.

Fait à Romans-sur-Isère, en l’Hôtel de Ville, le 28 septembre 1875.

Signé : Léon Barracand, maire.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère, Série R – Enseignement, Action culturelle, Sports, Tourisme – 3 R 16 – Police du théâtre

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