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Les grands travaux de Mère Marie du Cœur de Jésus Péronnier

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un portrait de Mère Marie du Cœur de Jésus Péronnier, abbesse du monastère de Sainte-Claire de Romans.

C’est elle qui a réuni les clarisses dans l’immense propriété appelée Hôtel des Allées où elles sont encore aujourd’hui. Mesurant 38×28 cm, le portrait a été peint en 1862 sur son lit de mort.

Une jeune vocation

Anne Espérance Péronnier est née le 2 décembre 1797 à Romans. Mise en pension chez les dames de Saint-Just, elle y fit sa première communion et c’est là que sa vocation à la vie religieuse commença à se développer. Elle manifesta son désir à ses parents mais ils ne voulurent pas y consentir. Alors, avec quelques camarades de son âge, elle allait visiter les pauvres et les malades, leur rendant tous les services.

Puis arriva le jour où elle put entrer au monastère de Sainte-Claire dont elle prit l’habit le 25 janvier 1820 sous le nom de sœur Marie du Cœur de Jésus. Son père refusa d’assister à la cérémonie et alla à la campagne pour dissiper un peu de son chagrin. Mais n’ayant pu trouver le repos, il vint le soir même au monastère et dit à la portière : “Je demande Mlle Péronnier. Dites-lui que c’est le meilleur de ses amis qui l’attend.” La jeune religieuse fit éclater sa joie et ne mit plus de borne à sa ferveur.

En 1823, elle créa la surprise en étant élue abbesse du monastère à l’âge de vingt-quatre ans et fut toujours réélue jusqu’à sa mort le 27 mars 1862. Dans cette importante charge, elle procura beaucoup de bien à la communauté et fit faire de grands travaux d’aménagement et de réparations au nouveau monastère.

Premier jour à l’Hôtel des Allées

C’est le 19 février 1834, que les religieuses de Sainte-Claire prirent possession de l’Hôtel des Allées, leur nouveau monastère.

Venant de la rue du Fuseau, elles montèrent en voiture à cheval entre sept et huit heures du matin en apportant la statue de saint Joseph qu’elles firent entrer en premier et qu’elles placèrent dans le salon le mieux orné.

Quelques instants après leur arrivée, elles virent entrer Monsieur Reynaud, leur dévoué Supérieur, accompagné d’un maçon pour examiner les réparations à faire et commencer par les plus urgentes. Il fut convenu, dans cette première matinée, que les ouvriers maçons et charpentiers commenceraient leurs travaux par l’organisation des parloirs.

Apprenant la nouvelle, toute la ville fut en émoi et de nombreuses personnes eurent la bonté de prêter leur voiture ou leurs bras pour transporter meubles et effets. Le premier objet qui entra fut l’armoire qui servait pour les objets d’ornement de l’autel de la Très Sainte-Vierge du chœur. Ce fut Monsieur Grenier, du quartier Saint-Nicolas, qui l’amena sur une petite voiture tirée par une ânesse.

Après dîner, elles reçurent la visite de plusieurs religieuses du monastère de Saint-Just puis elles se rendirent chez leurs voisines du couvent de la Visitation Sainte-Marie (actuel Musée de la chaussure) où elles restèrent environ une heure et demie. Rentrées chez elles, elles trouvèrent un salon plein de monde dont elles se débarrassèrent le mieux possible. Cette première journée se termina ainsi.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/05/03/les-grands-travaux-de-mere-marie-du-coeur-de-jesus-peronnier

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