Redécouverte de vestiges du couvent des Capucins !

Redécouverte de vestiges du couvent des Capucins !Oubliés depuis longtemps mais miraculeusement et consciencieusement préservés par les propriétaires des lieux, des vestiges du couvent des Capucins de Romans-sur-Isère s’offrent à nouveau à notre vue.

Cette redécouverte est particulièrement émouvante car l’état de conservation de ces quelques vestiges est remarquable.

Contrairement au puits du couvent des Ursulines redécouvert il y a quelques semaines, celui des Capucins a étonnamment supporté l’épreuve des siècles. La maçonnerie intérieure est pratiquement intacte.

Deux fresques murales évoquant l’existence d’une salle de soins sont aussi parfaitement conservées bien qu’ayant été malheureusement martelées à la Révolution.

Je ne voudrais pas hiérarchiser l’importance de ces vestiges mais l’inscription gravée dans une pierre du rempart, au-dessus du chemin de ronde, est absolument remarquable et un émouvant témoignage de la présence des Capucins en ces lieux.

Cette inscription est : “Cette place jadis citadelle fut donnée par Messieurs de la ville de Romans sous le bon plaisir et autorité du roi aux Pères Capucins qui y plantèrent la croix le jour de Toussaint 1609. A la louange de Dieu soit.”

En 1866, dans sa Notice historique sur le couvent des Capucins de Romans, l’historien Ulysse Chevalier mentionnait l’existence de deux inscriptions placées à quatre mètres de distance l’une de l’autre.

Malheureusement, d’après les témoignages que j’ai recueillis sur place auprès de propriétaires (l’un d’eux a 102 ans), la seconde pierre gravée aurait disparu il y a au moins cent ans.

Ulysse Chevalier indique qu’elle portait l’inscription suivante : “Cette place qui avait été construite en citadelle par le sieur Comte de la Roche en l’an 1588 fut réduite en son pristin état par arrêt de la cour le 25 octobre 1597.” (“… fut réduite en son pristin état” signifie qu’elle fut réduite en son état ancien, c’est-à-dire qu’elle fut détruite)

(Voir les photographies ci-dessous)

Note : Les informations, témoignages et photographies sont publiés avec l’aimable autorisation de tous les propriétaires des lieux.

Petit retour sur l’histoire de ce couvent :

Les Capucins sont un ordre mendiant de la famille des Franciscains dont le nom vient du capuchon (cappuccio) dont ils se couvraient la tête.

En 1610, la première pierre de l’église du couvent de Capucins est posée sur le coteau de Chapelier (aujourd’hui “clos des Capucins”), à l’emplacement de la citadelle qu’on venait de démolir et l’édifice est consacré le 19 août 1617 par Jean de La Croix, évêque de Grenoble.

Les bâtiments se composaient d’un corps de logis faisant face à l’Isère, d’une église spacieuse placée au nord, près de l’entrée, et d’une aile centrale se dirigeant vers l’ouest.

Au commencement de la Révolution, les Capucins de Romans étaient au nombre de dix : six prêtres, un clerc et trois frères lais. Plus heureux que les autres communautés de la ville, ils obtinrent un répit de près de deux années avant d’être définitivement dispersés. En 1794, on vendit la propriété en plusieurs lots. Un des acquéreurs fit démolir l’église et un autre abattre la belle allée de tilleuls.

Aujourd’hui, ce bâtiment est morcelé en plusieurs propriétés clôturées.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère – Notice historique sur le couvent des Capucins de Romans, Ulysse Chevalier, 1866.

5 Comments on "Redécouverte de vestiges du couvent des Capucins !"

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  1. Jean-Yves dit :

    Bonjour,

    Merci pour votre message et l’anecdote que vous y rapportez ! Si je trouve des informations sur ces personnes, je ne manquerai pas de vous les communiquer.

    Cordialement, JYVes

  2. F Peyras Bourcier dit :

    C’est avec émotion que je découvre ces photos d’un lieu dont j’ai étudié un peu l’histoire difficile durant la période révolutionnaire.
    Il abritait en effet un membre de ma famille, supérieur du couvent, le père Constantin en religion, Blaise Peyras Bourcier étant son nom de baptême.
    Il fut le dernier à quitter le couvent en 1793 mais revint se cacher à Romans en 1796.
    Les Chroniques manuscrites du monastère de Sainte-Claire rapportent qu’il fréquentait l’oratoire d’une des fractions de cette communauté. Or, une sœur se lamentait un jour devant lui du triste état où l’Eglise était réduite. « Rassurez-vous, lui dit le P. Constantin, c’est lorsque tout paraît désespéré qu’il faut se livrer à l’espérance. Bien plus, souffrez que je vous fasse une prédiction : assurément, la liberté des cultes reviendra et vous mourrez dans votre cloître. » La sœur eut peine à le croire ; cependant elle vit l’accomplissement de la prophétie, car les Clarisses se réunirent en 1805.
    le Père Constantin mourut en 1808. Il était très aimé dans la ville et aux environs. La charité et la bonté le caractérisaient tout particulièrement ; aussi put-il rester caché dans ce pays, où les personnes qui le vénéraient lui donnaient asile. Au rétablissement du culte, il fut nommé aumônier de l’Hospice de la Charité de Romans; il est mort dans ce poste, où le P. Zozime de Thonon, capucin de la province de Savoie, le remplaça.

    Si par chance vous faisiez une quelconque découverte sur ce père Constantin, ou sur les pères Cyrille ou Calixte qui y ont séjourné aussi à cette époque, n’hésitez pas à me le faire savoir.
    Grand merci.
    FPB

  3. bellier dit :

    Belle découverte!!

  4. Bianchi Catherine dit :

    Je découvre cet article avec un plaisir immense: peu de gens savent que ce bâtiment abritait autrefois des capucins, ordre pauvre, qui soignaient la population romanaise.
    Ce couvent comporte quelques pierres issues de la destruction de la citadelle.
    Joli hommage à ce lieu paisible qui fut lieu de prière et de spiritualité.

  5. Tchekemian dit :

    Merci pour tous ces articles. C est toujours un plaisir pour moi de découvrir l’histoire de Romans n’étant pas d’origine romanaise.

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