Jean-Yves Baxter Lire →

La plaque funéraire des fondateurs de la congrégation des Filles du Sacré-Cœur

Cette semaine, nous traversons l’Isère pour aller à Bourg-de-Péage avec cette plaque funéraire des fondateurs de la congrégation des Filles du Sacré-Cœur.

En marbre et mesurant 123×65 cm, elle porte l’inscription : “Pour perpétuelle mémoire. En cette humble chapelle, berceau de leur institut, les Filles du Sacré-Cœur ont pieusement déposé les restes mortels de leur Père fondateur Très Révérend Père Thomas de Saint-Étienne, frère mineur capucin, Jean-Baptiste Sapy, 1857-1934, et de leur Mère fondatrice Révérende Mère Marie-Thérèse de Jésus-Hostie, Thérèse Lacour, 1863-1943, première supérieure générale des Filles du Sacré-Cœur.”

Une vocation

Georgette Laure Marie Thérèse Lacour est née le 15 avril 1863 à Valence de Charles Horace Émile Lacour, docteur en droit et avocat, et Marie Louise Adélaïde Bonnet. Son père meurt cinq mois plus tard, le 14 septembre, à Bourg-de-Péage, dans la demeure de ses parents.

En 1880, les Pères capucins de Crest établissent une Fraternité du Tiers-Ordre de saint François d’Assise à Bourg-de-Péage. Thérèse Lacour y prend l’habit religieux à l’âge de dix-neuf ans. Puis, elle fait le catéchisme aux futures communiantes de la paroisse et s’occupe aussi d’un groupe de jeunes garçons. Mais le local pour accueillir les jeunes du patronage s’avère vite trop petit alors la mère de Thérèse fait aménager un bâtiment qui lui appartient.

Le 21 novembre 1900, une communauté religieuse est fondée et approuvée par Monseigneur Cotton, évêque de Valence, avec pour but l’apostolat populaire. Un bâtiment attenant à la maison Lacour est acquis en 1901.

En 1903, il y avait 28 sœurs dans la communauté.

Mort de la Mère fondatrice

Thérèse Lacour meurt le 25 janvier 1943, à l’âge de quatre-vingt ans, après soixante ans au service de l’Église et quarante ans de supériorat. Son corps, revêtu du grand habit religieux, est exposé dans la chapelle du Nazareth. Dès six heures et demie du matin, le Père Ernest a célébré la messe des défunts devant la dépouille. Vers neuf heures, arrive Monseigneur Pic, évêque de Valence, qui bénit la morte et qui présidera les obsèques. Pendant toute la journée et la nuit suivante, de nombreuses personnes se pressent autour du cercueil ouvert pour rendre hommage à la fondatrice. Les anciennes du patronage de Bourg-de-Péage la pleurent comme elles pleureraient leur propre mère. Trois messes sont encore célébrées le jour suivant avant de transporter le cercueil dans l’église paroissiale.

À leur retour du cimetière, les Filles du Sacré-Cœur furent convoquées en salle de communauté pour entendre la lecture d’un papier qu’avait laissé leur défunte Mère. Elle leur recommandait de rester très attachées à leur famille religieuse, de ne rien craindre de l’avenir, de rester fidèles au Père fondateur, de ne choisir pour Supérieures Générales que celles qui se signalent par leur sens religieux, l’esprit franciscain, le désir de la réparation, l’amour des fondateurs et le culte de la règle, de tenir avant tout à la pauvreté et d’aller toujours au peuple, de rester petites et de passer après les autres, d’être dévouées à la France, à l’Église, au sacerdoce et à l’Eucharistie jusqu’au bout. Elle conclut : “Je vous bénis toutes, mes enfants bien aimées, et je vous attends toutes au Paradis !”

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/06/21/la-plaque-funeraire-des-fondateurs-de-la-congregation-des-filles-du-sacre-coeur

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