Les funérailles de Olympe Chaix, sœur Saint-Henri en religion
L’objet que nous présentons aujourd’hui est une photographie, seule connue à ce jour, des funérailles de Olympe Chaix, sœur Saint-Henri en religion, le 9 novembre 1899.
Marie Adélaïde Olympe Chaix est née le 24 avril 1814, à La Garde-Adhémar, près de Pierrelatte, de Antoine Laurent Chaix, cultivateur, et Adélaïde Geneviève Louis.
Un dévouement exemplaire
Elle était novice dans la congrégation du Saint-Sacrement quand le choléra éclata à Valence, en 1835, et elle demanda aussitôt, comme une faveur, à être envoyée dans cette ville pour y soigner les victimes du fléau. Et cette faveur lui ayant été accordée, elle y resta tant qu’il y eut encore un cholérique.
Un an plus tard, elle fut envoyée à l’hôpital de Die, où elle resta vingt ans, à s’occuper des malades et des enfants, en maîtresse tellement dévouée que la Société d’encouragement pour l’enseignement primaire lui décerna une médaille d’honneur.
Enfin, elle passa à l’hôpital civil et militaire de Romans auquel elle fut attachée dès 1856 et dont elle fut la cheville ouvrière pendant plus de quarante ans au service des malades militaires, jusqu’à sa mort survenue le 7 novembre 1899.
Elle fut inhumée deux jours plus tard dans le cimetière de Romans après de grandioses funérailles auxquelles assista une grande partie de la population romanaise.
Chevalier de la Légion d’honneur
Son dévouement de chaque jour excita tant l’admiration de tous que la municipalité et l’autorité militaire de Romans unirent leurs efforts pour lui faire obtenir la Légion d’honneur, ce qui fut fait le 25 juillet 1895.
Le général Charles Jules Zédé, commandeur de la Légion d’honneur, est venu en personne lui remettre sa décoration.
Vers onze heures du matin, une compagnie du 75ème régiment d’infanterie, drapeau et musique en tête, ainsi que le corps d’officiers au complet, prennent place dans la cour de l’hôpital-hospice de Romans où se trouvaient, outre les membres de la commission administrative et les fonctionnaires, une foule considérable.
A l’arrivée du général Zédé, sœur Saint-Henri apparaît, accompagnée de Mme la Supérieure de l’hospice et de Mme la Supérieure générale de la congrégation du Saint-Sacrement. Le maire lit un discours félicitant sœur Saint-Henri à qui la croix est ensuite remise. Des applaudissements éclatent de toutes parts. Après avoir embrassé la nouvelle décorée, le général Zédé prononce une courte mais chaleureuse allocution faisant l’éloge de sœur Saint-Henri et souhaitant qu’elle puisse porter longtemps, malgré ses quatre-vingts ans, la décoration si bien méritée que lui a accordée le gouvernement, en attendant que Dieu lui décerne la palme des élus. Les paroles du général, dites d’une voix vibrante, font verser bien des pleurs. Puis, c’est à qui viendra la complimenter et lui serrer la main car chacun a pu apprécier son dévouement exemplaire. Finalement, on est obligés de la soustraire aux ovations de la foule et la solennité se termine au milieu de l’enthousiasme général et des « Vive sœur Saint-Henri ! »
Plus tard, les administrateurs de l’hôpital de Romans avaient fait placer un portrait de sœur Saint-Henri, réalisé par le fameux peintre valentinois Louis Ageron, dans la salle de leurs délibérations.
Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/12/13/les-funerailles-de-olympe-chaix-soeur-st-henri-en-religion







