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Eugène Blain, le maçon et les voleurs

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un livre issu de la bibliothèque d’Eugène Blain, maître maçon et conseiller municipal de la ville de Romans.

Cet ouvrage rare intitulé “Traité élémentaire de la coupe des pierres” et publié en 1792 porte un ex-libris sous forme de tampon avec l’inscription “Blain Eugène, Maître Maçon, Romans (Drôme)”.

Une vie de maçon

Eugène Blain est né le 18 décembre 1835, à Romans, de François Eugène, charpentier, et Maria Giovanna dite Marie Jeanne Piodi, italienne issue d’une grande famille de maçons venue s’installer dans notre ville.

Il participe à plusieurs grands travaux comme la construction du grand viaduc de Morlaix et du Palais de la Bourse de Marseille. Il part ensuite en Algérie où il se marie avec une parisienne, Louise Alexandrine Cornu, le 11 avril 1866, dans la ville de Rivoli (aujourd’hui, Hassi Mameche).

De retour à Romans, en 1868, il participe, entre autres travaux, au pavage des rues de l’Armillerie et Mathieu de la Drôme, et à la construction des quais de l’Isère, du château Premier (aujourd’hui, lycée Saint-Maurice), du château Henry (aujourd’hui, résidence Charlotte Chaze) et du Cercle Militaire de la place des Cordeliers (aujourd’hui, place Jules Nadi).

Il fut aussi conseiller municipal et membre de la Commission administrative de l’hôpital et de la bibliothèque de Romans.

Eugène Blain meurt le 22 juillet 1903, dans sa maison du 60 rue Jacquemart. Une rue porte son nom à Romans.

Condamnés à l’exposition au carcan

Le grand-père maternel d’Eugène Blain, Giovanni dit Jean Piodi, était maçon et entrepreneur de bâtiments, et habitait rue du Fuseau avec sa famille. Il fut victime d’un vol qui se termina très mal pour les auteurs.

Le 29 novembre 1826, les romanais Joseph Bottin, âgé de 54 ans, cultivateur et manœuvre maçon, Joseph Corrodin, âgé de 60 ans, journalier, et Marie Ferlin, âgée de 43 ans, journalière, sont accusés d’avoir volé à Jean Piodi, maître maçon, des outils en fer, quatre draps de lit et cinq douzaines de planches, dans la nuit du 16 au 17 septembre de la même année, en la ville de Romans, dans un bâtiment non encore achevé appartenant au sieur Charles et dans lequel les ouvriers employés à sa construction y dormaient habituellement. Au moment de ce vol, Joseph Bottin travaillait en qualité d’ouvrier maçon pour le compte de Jean Piodi, et il est décrit comme ayant une taille de 1 mètre 66, les cheveux et sourcils grisaillés, le front rond, les yeux roux, le nez épaté, la bouche moyenne, le menton rond à fossette, le visage ovale et le teint coloré. Joseph Corrodin et Marie Ferlin l’ont aidé à commettre le vol et ont sciemment recelé les objets volés en toute connaissance.

Trois semaines plus tard, le 18 décembre 1826, ils sont tous trois condamnés à cinq ans de réclusion, à l’exposition au carcan (dispositif en bois avec des trous pour la tête et les poignets, exposant le criminel à l’infamie d’une humiliation publique), aux frais envers l’état, à rester toute leur vie sous la surveillance de la haute police de l’état, et à fournir un cautionnement de 100 francs chacun.

Ils ont été exposés au carcan le 23 décembre 1826, à 11 heures du matin.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/05/10/eugene-blain-le-macon-et-les-voleurs

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