Les courses hippiques du 22 mai 1887

Les courses hippiques du 22 mai 1887Des courses hippiques à Romans-sur-Isère ? En plein centre ville ? Cela a bien eu lieu, le 22 mai 1887.

Le 17 mars 1887, M. Camille Pascaud, demeurant à Marmande, Lot-et-Garonne, écrit à M. Julien-Régis Gignier, maire de Romans-sur-Isère : “Je viens vous demander de bien vouloir m’autoriser à organiser, dans votre ville des courses, de chevaux pour le dimanche 8 mai prochain, sur le terrain de manoeuvres. Je suis le fondateur des courses de Valence du 24 octobre dernier et j’ai créé la plus grande partie des réunions hippiques du midi et du sud-ouest. Aussi, vous pouvez être sûr à l’avance que les courses de Romans-sur-Isère organisées par mes soins seront de premier ordre. Une réunion de courses attire toujours dans une ville une grande affluence d’un monde élégant qui laisse beaucoup d’argent et c’est une exhibition de toilettes. C’est vous dire qu’à tous les points de vue, chaque industriel en retire souvent un bénéfice important.”

Quelques jours plus tard, le 25 mars, le maire donne son accord en précisant : “Je dois ajouter que le champ de manoeuvres consiste en la place d’Armes avec l’avenue Gambetta à l’est de cette place. J’ignore si les dimensions de ces terrains se prêtent bien facilement au genre d’exercice que vous avez en vue.”

Cela convient apparemment très bien à notre organisateur de courses hippiques mais ayant eu un accident de voiture au début du mois d’avril, il se trouve contraint de reporter l’événement au 22 mai 1887 et demande “à Messieurs les membres du Conseil municipal de la ville de Romans-sur-Isère de l’honorer de leur présence aux courses de chevaux sur l’hippodrome du boulevard Gambetta” ainsi que quelques aménagements : “Je demanderais aussi que les allées du boulevard Gambetta soient nivelées et sablées, aux frais de la ville, afin que les chevaux puissent, sans danger pour leurs membres, fournir toute leur vitesse. Cette réparation restera toujours et sera un embellissement de plus apporté à cette grande promenade de la ville.”

Voici donc le programme des courses hippiques de ce dimanche 22 mai 1887 :

– Prix d’Encouragement. Au trot monté. Pour chevaux et juments de toute provenance, âgés de 4 ans et au-dessus, n’ayant pas gagné en 1886 une somme supérieure à 500 francs en un ou plusieurs prix, et appartenant à des propriétaires résidant dans les départements de la Drôme et du Rhône. Prix : 150 francs au premier, 50 francs au deuxième, le troisième retire son entrée. Entrée : 10 francs. Distance : 3 000 mètres. Poids libre.

– Grand Prix de Romans. International. Au trot monté. Pour chevaux et juments de toute race et de toute provenance, âgés de 4 ans et au-dessus. Prix : 700 francs au premier, 200 francs au deuxième, 100 francs au troisième, le quatrième retire son entrée. Poids : 4 ans, 65 kilos ; 5 ans et au-dessus, 70 kilos. Tout cheval ayant gagné, en un ou plusieurs prix, une somme de 3 000 francs portera 5 kilos de surcharge ; de 5 000 francs, 7 kilos ; de 7 000 francs et plus, 10 kilos. Entrée : 40 francs. Distance : 4 000 mètres.

– Prix de l’Avenir. Au trot monté. Pour chevaux et juments de toute race et de toute provenance, âgés de 4 ans et au-dessus et n’ayant pas gagné, en un ou plusieurs prix, une somme supérieure à 6 000 francs ni un prix de 1 000 francs. Poids : 4 ans, 65 kilos ; 5 ans, 67 kilos ; 6 ans et au-dessus, 70 kilos. Prix : 400 francs au premier, 100 francs au deuxième, le troisième retire son entrée. Entrée : 25 francs. Distance : 4 000 mètres.

– Prix des Dames. Courses de haies. Pour officiers et gentlemen, un objet d’art et un souvenir ajoutés à une poule de 20 francs chaque. Poids libre, 6 haies à franchir. Distance : 6 000 mètres.

Le Républicain romanais, journal politique et littéraire paraissant le jeudi et daté du 26 mai 1887, nous donne un compte-rendu de cet événement : “La température relativement froide et un temps incertain pouvaient faire douter de la réussite des courses de chevaux à l’hippodrome du boulevard Gambetta. Cependant, l’après-midi de dimanche a été assez belle et a permis au public d’assister en foule à cette attraction nouvelle pour lui. Beaucoup de monde dans les tribunes où nous remarquons le Conseil municipal au grand complet et les notabilités de la ville.

La première course commence à 15h30. Sur six chevaux engagés, cinq seulement prennent part à la course et Lambro, appartenant à M. Avet de Lyon et monté par le propriétaire lui-même, arrive premier. La deuxième course sera plus intéressante quoi que trois chevaux seulement sur sept engagés prennent part à la course. Bravo, appartenant à M. Guarrigues de Moissac et monté par Lucien, termine premier devant le vaillant Lambro, vainqueur de la course précédente. Ce sont trois chevaux sur huit engagés qui vont se disputer la troisième course et Bravo remporte sa deuxième épreuve en parcourant la distance en 7 minutes et 32 secondes. Deux chevaux prennent part à la quatrième course : Valois et Derviche. Il y a quatre obstacles sur la piste qui sont bien franchis par les deux chevaux et Valois arrive premier.

Ce spectacle laissera, nous en sommes certains, le plus agréable souvenir aux nombreux spectateurs qui n’ont pas craint la perspective d’une ondée. Ajoutons que la Fanfare romanaise prêtait son gracieux concours à cette fête en exécutant quelques intermèdes qui ont contribué au succès de la journée.”

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère, Série F – Population, Economie sociale, Statistique – 3 F 33 – Course hippique – 1887 ; Jacquemart, journal politique hebdomadaire – 19 mai 1887 ; Le Républicain romanais, journal politique et littéraire hebdomadaire – 19 mai 1887 et 26 mai 1887

Publié dans: 19è siècle, Vie et Métiers

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