Par 11 novembre 2010 0 Commentaire Lire →

Plus de claudication avec les chaussures de Jules Pernot

Plus de claudication avec les chaussures de Jules PernotEn 1908, à Romans-sur-Isère où la fabrication de la chaussure est une véritable industrie locale poussée, par des manufacturiers très compétents, à un haut degré de perfectionnement, on devait forcément s’occuper de créer un genre de chaussures spéciales supprimant cette infirmité si fréquente : la claudication.

Le problème, fort difficile à résoudre puisque on n’avait trouvé jusqu’alors que de simples palliatifs tels que les encombrantes et disgracieuses chaussures à talons surélevés, qui amoindrissaient le mal mais n’empêchaient pas de boiter, a été victorieusement résolu par un romanais, M. Jules Pernot, rue de l’Armillerie.

Les chaussures qu’il a inventées et perfectionnées, après des essais qui en démontrèrent le caractère absolument pratique, se composent d’un appareil de hauteur modifiable suivant chaque personne et d’un soulier ordinaire, ayant la partie supérieure un peu plus large, dans lequel s’emboîte l’appareil.

Celui-ci est une sorte de double soulier à lacets où à élastique qui compense, d’une façon exacte, la différence de hauteur des deux jambes, si considerable soit-elle. Il permet aux boiteux de porter aux deux pieds des souliers absolument semblables et de marcher avec la même correction, la même assurance et la même régularité que le commun des mortels.

L’appareil de M. Pernot, renfermé dans le double soulier, est moulé spécialement selon la boiterie plus ou moins accentuée de chaque personne. Deux ou trois jours suffisent pour être habitué à cette chaussure qui empêche de distinguer d’une autre personne, le plus affligé des boiteux.

Avec la chaussure à faux talons et avec épaisseur sous la semelle, l’usure était rapide car c’était l’appareil lui-même qui s’usait. D’où une dépense souvent répétée et très lourde.

L’appareil de M. Pernot, au contraire, dure des années, s’emboîtant dans un soulier que rien ne distingue des autres, qui ne coûte pas plus cher et qui, seul, s’use d’une façon normale. De plus, cet appareil est extrêmement léger et souple grâce à des ressorts intérieurs.

Aussi, et c’est une des qualités essentielles de ces nouvelles chaussures, par un système de moulage sur lesquelles elles se boutonnent ou se lacent à volonté, elles se quittent et se remplacent avec autant de commodité et de simplicité que les chaussures ordinaires.

Toute boiterie, si prononcée soit-elle, disparaît entièrement. M. Pernot a compensé, avec son appareil dont le poids léger s’explique car il est en liège, des différences de hauteur de 19 centimètres.

Le soulier renfermant l’appareil est impossible, une fois le pantalon baissé, à distinguer du soulier de quelqu’un ayant une conformation naturelle.

Tous ces résultats font le plus grand honneur à M. Pernot.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère, Almanach du Bonhomme Jacquemart, 1909

Publié dans: 20è siècle, Vie et Métiers

Publier un commentaire