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Premier guide du pèlerin pour le Chemin de Croix de Romans

L’objet que nous présentons aujourd’hui est un rare exemplaire, seul connu à Romans, d’un guide du pèlerin pour le Chemin de Croix de notre ville, publié en 1551. C’est aussi le plus ancien guide du pèlerin aujourd’hui connu à Romans.

Publié à Paris, chez Yolande Bonhomme, le titre complet de cet ouvrage est “Propositions, dits et sentences contenant les grâces, fruits, profits, utilités et louanges du très sacré et digne Sacrement de l’Autel pour ceux qui le reçoivent en état de grâce”.

En 1516, année de la fondation du Chemin de Croix de Romans, le premier guide du pèlerin est publié par le poète et dramaturge Pierre Gringore. Le seul exemplaire connu est conservé dans la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art à Paris. Il s’agit en même temps d’un recueil de prières à dire devant chaque station et d’un “guide touristique” puisque des indications topographiques permettent au pèlerin de se déplacer d’une station à l’autre à travers la ville.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, ce guide du pèlerin est réédité dans les “Propositions, dits et sentences” par Thielman Kerver puis par sa veuve Yolande Bonhomme. C’est la seconde réédition de ce guide que nous présentons ici, la première datant de 1548.

Gringore à Romans

Les vers de Gringore sont intitulés “Le Voyage et Oraisons du mont de Calvaire de Romans en Dauphiné.”

Dans une notice qui précède une des éditions des “Oraisons du Mont de Calvaire”, il est dit qu’en 1516, deux frères “sont venuz visiter en ceste année présente que l’on compte mil cinq cens et seize en moys d’aoust les dictz mont et ville de Romans”. L’histoire a retenu qu’il s’agissait de Pierre Gringore et de son frère.

L’on sait qu’il est revenu dans notre ville en 1523, sur le chemin de Valence où il allait voir le Mystère des trois saints Séverin, Exupère et Félicien, pièce de théâtre déjà jouée à Romans en 1509.

Les Oraisons

Ces oraisons ont pour sujet les stations de Jésus-Christ faisant le Chemin de la Croix. Simple paraphrase plus religieuse que poétique qui a été inspirée à Gringore par le récit des évangélistes et commandée par la ville de Romans pour célébrer le Mont Calvaire.

Il n’est pas question de poésie dans les “Oraisons du mont de Calvaire”, c’est une œuvre de piété écrite en vers à l’usage des fidèles, à l’usage du peuple. Les vers doivent être simples et faciles à retenir. La forme a peu d’importance, c’est la pensée pieuse qu’il faut mettre en relief. Les Oraisons sont destinées à être récitées à haute voix en général et en groupe. Tout raffinement littéraire en est banni, seules l’éloquence et la ferveur comptent.

La première station du Chemin de Croix représente le Cénacle où Jésus-Christ institua le Saint-Sacrement de l’autel : Gringore compose donc sa première Oraison sur l’Eucharistie et commence ainsi : “Premièrement, après être venu en la ville de Romans, il faudra aller au Mont de Sion, en la chapelle ou oratoire de la Cène.”

Pour aller à la deuxième station, Gringore nous dit : “Au partir de la Cène, on se transportera en contrebas, au val de Josaphat, passant par le torrent du Cédron, pour aller en Gethsémani où Jésus-Christ laissa huit de ses apôtres.” À Romans, le Cédron était représenté par le torrent de la Savasse, dans le quartier de la Presle.

Troisième station, le Jardin des Oliviers, et ainsi de suite.

Cet article est aussi paru dans le Dauphiné Libéré : https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2025/11/01/premier-guide-du-pelerin-pour-le-chemin-de-croix-de-romans

Publié dans: Patrimoine, Religion, Renaissance

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