Par 15 septembre 2010 3 Commentaires Lire →

Le stationnement des bohémiens et des nomades sans profession avouée

Le stationnement des bohémiens et des nomades sans profession avouéeDepuis la nuit des temps, sédentaires et nomades vivent une difficile cohabitation et, dans un passé plus proche, les documents d’archives nous permettent d’en restituer une partie.

La première délibération municipale au sujet des nomades qui viennent, avec des voitures, s’installer sur la voie publique de Romans-sur-Isère est prise le 28 mai 1889 et porte que ceux-ci seraient relégués à l’extrémité est de l’avenue Gambetta.

Puis, le Conseil municipal du 14 novembre 1891 donne lecture d’une pétition des habitants du quartier de Châteaucourt (à l’emplacement actuel du quartier est de la rue Bistour) et de l’avenue Gambetta se plaignant très vivement des désagréments de toute nature qui résultent du stationnement sur la voie publique des voitures des bohémiens et des nomades sans profession avouée.

En conséquence, un arrêté municipal est pris, dans les termes suivants, le 24 novembre 1891 :

“Considérant que depuis quelques temps des bandes de bohémiens et vagabonds parcourent les rues et chemins de la commune et y séjournent assez longtemps, laissant stationner sur la voie publique et sur les terrains communaux des voitures servant à leur logement.

Considérant que de nombreuses dépradations ont été commises par ces bandes, il importe, dans l’intérêt de la sécurité publique, de prendre des mesures rigoureuses pour éviter le retour de pareils méfaits.

Arrêtons que le stationnement sur la voie publique ou sur les terrains communaux des voitures servant au logement des bohémiens et autres individus nomades sans profession avouée, est interdit dans toute l’étendue de la commune de Romans-sur-Isère.

Arrêtons que les individus de cette catégorie qui ne justifieront pas d’un domicile et de moyens d’existence, seront immédiatement arrêtés et déférés aux tribunaux comme vagabonds et leur voiture sera mise en fourrière.

Arrêtons que, quant à ceux qui exerceraient des activités inoffensives, nous nous réservons la faculté de leur accorder des permissions spéciales.”

Cette décision est suivie, le 14 mars 1895, par la Préfecture de la Drôme qui demande copie des arrêtés municipaux en vigueur.

Puis, le 11 juillet 1907, le préfet de la Drôme donne des instructions “en vue d’interdire le stationnement des nomades sur le territoire du département et de prévenir les dangers résultant pour les populations.”

Quelques jours plus tard, le 19 juillet, M. Ernest Gailly, maire de Romans-sur-Isère, répond au préfet que “les instructions ont été ponctuellement suivies” et ajoute : “Il n’est toléré aucun séjour de ces individus sur le territoire de la commune et j’ai tout lieu de croire qu’aucune plainte émanant d’un habitant ne vous sera adressée à l’avenir.”

Pourtant, le 29 octobre 1908, un groupe d’habitants lui adresse une plainte en ces termes : “Nous avons l’honneur de venir attirer votre attention sur un fait qui se reproduit depuis fort longtemps. Nous avons constamment des voitures de nomades qui séjournent pendant deux ou trois jours auprès de nos habitations, route de Saint-Paul. Durant toute la nuit, ce sont des allées et venues qui provoquent, de la part des chiens, un tapage épouvantable. Vous avouerez, Monsieur le Maire, que c’est là un tapage peu agréable et peu rassurant.”

Le 2 mars 1923, une nouvelle plainte est adressée à la mairie : “Nous nous trouvons dans l’obligation de porter à votre connnaissance que, depuis plus d’un an, la rue Jullien et le cours Bonnevaux sont un lieu de séjour pour les nomades. Cette présence étant des plus indésirables et dangereuses par les luttes à main armée, les bruyantes querelles de nuit et de jour, et aussi par les insalubrités laissées après le départ des voitures. Nous venons vous prier de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour nous débarrasser définitivement de ce voisinage par trop incommodant.”

Le Conseil municipal du 24 mars 1923 rend compte des pétitions de nombreux habitants du quartier de la Petite Martinette et de la rue Jullien qui demandent d’être délivrés du stationnement des nomades près de l’entrée de la côte des Masses. Il est ensuite rappelé au service de la police l’arrêté municipal du 24 novembre 1891 qui interdit le stationnement des nomades sur le territoire de la commune.

Le 19 juillet 1925, une famille de nomades installée rue Pailherey (actuelle rue Saint-Nicolas) est invitée à quitter la ville car sa présence “rend la circulation difficile le jour et presque impossible la nuit.”

Un nouvel arrêté municipal du 28 mars 1934 porte que “le stationnement ou le campement des vagabonds, roulottiers, bohémiens et en général de tous les nomades voyageant soit isolément, soit en bandes, ne sont autorisées que sur une parcelle de terrain triangulaire, au lieu dit Chapeliers. La durée du campement ne pourra dépasser quarante huit heures et, passé ce délai, les individus devront continuer leur chemin et quitter le territoire de la commune.”

Dans le même temps, l’arrêté municipal du 24 novembre 1891 est abrogé.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère, Série I, Police, Hygiène publique, Justice – 1 I 13, Nomades ; 1 D 21, Délibérations municipales, 1889-1892, pp. 4 et 305

3 Comments on "Le stationnement des bohémiens et des nomades sans profession avouée"

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  1. Liliane dit :

    et bien tu te souviens de cet histoire de chocolat??il n’y a surement que toi qui en a eu , et pas nous!!!mais je me rappelle très bien qu’ils venaient chercher de l’eau dans notre cour (avec la permission de Papa , bien sûr)

  2. romanais dit :

    bonjour je pense que les bohémien de cette époques sons pour certains mes ancêtres arrière grand parent est grand parents en tout cas sympa ce site merci

  3. Grand dit :

    Bonjour, je suis Romanaise et je découvre ce site. Excellent… merci
    Toute ma jeunesse a été en contact avec les bohémiens qui stationnaient dans le terrain vague en dessous de lycée ( maintenant terrain de sport du lycée ) Nous n’avons jamais eu de problèmes avec eux. Et je dois dire aussi que le 1e morceau de chocolat que j’ai goûté m’a été donné par de petites filles du campement !

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