Les grandes Fêtes Boulistes de 1913

Les grandes Fêtes Boulistes de 1913Le Concours fédéral organisé à Romans-sur-Isère mit aux prises près de 1 300 joueurs de boules les 13, 14 et 15 juillet 1913.

Ce championnat s’est joué devant une affluence considérable : il y avait du monde plein la tribune, sur des bancs, sur des échelles et même sur les toits !

Le montant total des primes en espèces mises en jeu atteignait 20 000 francs (environ 62 550 € actuels), parmi lesquelles :

– Prix de la Fédération : 1 000 francs (environ 3 100 € actuels)

– Prix de la Ville de Romans : 500 francs (environ 1 550 € actuels)

– Concours de tir : 1er prix : un chronomètre en or, valeur 350 francs (environ 1 100 € actuels); 2ème prix : un fusil hammerless, valeur 300 francs (environ 940 € actuels); 3ème prix : une bicyclette, valeur 250 francs (environ 780 € actuels)

– Concours de pointage : 1er prix : un fusil hammerless, valeur 300 francs (environ 940 € actuels); 2ème prix : une bicyclette Peugeot, valeur 275 francs (environ 860 € actuels); 3ème prix : une bicyclette, valeur 250 francs (environ 780 € actuels)

Une clôture de 839 mètres de longueur, très exactement, enserrait la majeure partie de la place d’Armes et du Champ de Mars. 80 jeux de 27m50 de long sur 3m25 de large avaient été installés dans l’enceinte, dont la superficie totale dépassait 7 000 mètres carrés.

Un portique monumental, avec deux entrées face au cours Bonnevaux et à hauteur de l’Hôtel des Postes, donnait accès à l’intérieur. Les jeux étaient groupés en quatre immenses rectangles délimités par des barrières.

Une tribune avait été dressée, parallèlement aux maisons, au niveau de la rue de la République. Deux bars, indispensables en ces journées de chaleur, avaient été très confortablement aménagés sous les arbres, au fond et à l’entrée du Champ de Mars.

Dimanche 13 juillet, à six heures du matin, après l’avertissement par sons de cloche, les opérations du tirage au sort commencent. 320 quadrettes s’étaient fait inscrire et 318 répondent à l’appel, formant un effectif compact de 1 272 joueurs.

Pour la première partie, il a fallu les diviser en deux séries, puisqu’on dispose de 80 jeux. Ces derniers sont numérotés. Leur numéro est mis en double dans une urne. Chaque chef de quadrette y puise à son tour. Les deux quadrettes ayant tiré le même numéro de jeu sont concurrentes et se rendent directement à l’emplacement que le hasard leur a désigné.

A 14 heures, les 159 quadrettes vainqueurs de la première partie se retrouvent sur le terrain. La troisième partie commencera vers 17 heures mais le combat dure encore lorsque retentit la cloche, imposant à tous un armistice. La suite est renvoyée au lendemain matin.

A 20h30, une splendide kermesse rassemble six ou sept mille personnes aux Cordeliers (actuelle place Jules Nadi).

Les joueurs de la troisième partie se retrouvent le lundi, dès six heures du matin, en des rencontres décisives. 40 équipes restent qualifiées pour la quatrième partie et 20 pour la cinquième. La sixième partie, entamée vers 16 heures, est interrompue trois heures plus tard pour reprendre le mardi matin.

Après la fin de cette sixième partie, cinq quadrettes restent en présence, mais plus de romanais car :

– Barthelon, Clerc, Meneroux et Jélibert, de la Boule Saint-Marcellinoise, battent Charaye, Ageron, Mitton et Ansette, de la Boule de la Martinette, Romans

– Martin, Ricard, Veuillat et Villard, de la Boule du Coq, Lyon, battent Guichard père, Guichard fils, Courtoiset et Reymond, de la Boule Romanaise.

La finale se jouera finalement entre Dellapiane, Migliara, Dandero et Calcagno, du Boulomane Club Niçois, contre Barthelon, Clerc, Meneroux et Jélibert, de la Boule Saint-Marcellinoise.

En un clin d’oeil, la tribune se garnit car c’est devant elle que le championnat doit se débattre. Tout autour du jeu, des bancs sont placés, qui se louent 1 franc (environ 3,10 € actuels).

A quatre heures précises, les Niçois apparaissent. On applaudit leur arrivée comme on l’a fait quelques minutes plus tôt pour les Saint-Marcellinois, qui tâtent le terrain. La partie s’engage.

Le début est favorable aux Saint-Marcellinois : 4 points. Mais les Niçois marquent 10 points lors des quatre jets de but suivants. La partie se joue en 18 points et les Niçois mènent 16 à 10 au onzième jet de but. Dans le public, c’est du délire. Saint-Marcellin, très calme, se rattrape : il a 15 points contre 16, après le douzième jet de but. L’émotion est à son comble. A la quatorzième jetée, Saint-Marcellin s’adjuge le championnat par 18 points contre 16.

Une ovation formidable se déchaîne. On saute les barrières. Les nouveaux champions sont entourés, acclamés, félicités. Des gerbes de fleurs leur sont offertes et les quatre vainqueurs reçoivent le drapeau fédéral.

Sources : Archives municipales de Romans-sur-Isère, Almanach du Bonhomme Jacquemart, 1914

Publié dans: 20è siècle, Vie et Métiers

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